CINÉMA
25 SEPT — 19 NOV 2024

RÉTROSPECTIVE CHANTAL AKERMAN

EN 17 FILMS

Suite au succès de la ressortie l’an dernier de Jeanne Dielman, 23 Quai Du Commerce, 1080 Bruxelles, le distributeur Capricci poursuit son travail autour de Chantal Akerman. Cette rétrospective, de Je, tu, il, elle en 1974 à No Home Movie en 2015, est la première d’une telle ampleur en France, consacrée à cette cinéaste révolutionnaire et inclassable. Il a souvent été dit que le cinéma d’Akerman était une expérience mettant le public à l’épreuve du temps. Cette rétrospective, en 17 films, est l’occasion de prendre, justement, le temps de redécouvrir une œuvre-monde.

Chantal Akerman nait à Bruxelles le 6 juin 1950. À 15 ans, elle découvre par hasard Pierrot le Fou de Jean-Luc Godard qui lui donne l’envie de faire du cinéma. Elle entre à l’INSAS en 1967 qu’elle quitte aussitôt, rejetant le cadre rigide de l’école et réalise l’année suivante son 1er court-métrage, Saute ma ville, 1re expression d’un cinéma libre et radical. Elle s’installe à New York en 1973 et découvre le cinéma expérimental de Jonas Mekas, Michael Snow et Stan Brakhage qui influence les films qu’elle tourne sur place : La Chambre ou Hôtel Monterey. À son retour en Belgique, elle réalise Je, tu, il, elle puis grâce à son actrice Delphine Seyrig, elle produit Jeanne Dielman, 23, Quai du Commerce, 1080 Bruxelles en 1975. 

Ce quasi huis-clos suivant le quotidien d’une femme au foyer est une des œuvres les plus influentes de la modernité cinématographique et du cinéma féministe, et la propulse à 25 ans parmi les francs-tireurs de sa génération, avec Rainer Werner Fassbinder et Philippe Garrel. Artiste infatigable, Akerman vagabonde entre les genres, avec comme constante la mélancolie, le trauma personnel ou l’angoisse du monde contemporain. Elle touche ainsi au road-movie (Les Rendez-vous d’Anna, 1977), au film choral (Toute une nuit, 1982), à la comédie musicale (Golden Eighties,1986) ou à l’adaptation littéraire (La Captive, 2000). Son œuvre documentaire navigue dans le monde entier, allant des États-Unis (Sud et De l’autre côté, 1999 et 2002) à l’Europe (D’Est, 1993) jusqu’en Israël (Là-bas, 2006) et creuse une veine intimiste (de News from Home en 1977 jusqu’à son dernier film No Home Movie). Elle met fin à ses jours en 2015, demeure une influence inestimable pour des cinéastes tels que Gus Van Sant, Tsai Ming-Liang, Claire Denis, Todd Haynes, Kelly Reichardt ou Apichatpong Weerasethakul.