Du 14 au 17 octobre 2024, l’équipe des relations avec le public du TNB est repartie sur les traces du Radeau Utopique avec le spectacle Une Île écrit par Martin Mongin, mis en scène par Simon Gauchet et interprété par le comédien Nathan Bernat. Après la tournée de janvier 2024, le spectacle retourne sur les routes d’Ille-et-Vilaine, à la rencontre des collégiennes et collégiens. Avec 7 représentations dans 4 collèges, ce sont 184 élèves qui ont pu découvrir les aventures de Nathan et de Mme Hythlodée.
Ce projet fait suite à l’expédition du Radeau Utopique, menée en 2016, sur le canal d’Ille-et-Rance par la compagnie L’école Parallèle Imaginaire. Avec Une île, Simon Gauchet et Nathan Bernat proposent aux élèves d’établissements scolaires de refaire ce voyage en leur compagnie.
Dans Une île, Nathan, le personnage principal de la pièce, revient dans son ancien collège, pour apporter un mystérieux colis à une classe. Ancien élève de l’établissement, il reconnaît la salle dans laquelle il se trouve avec les élèves. C’est celle de Madame Hythlodée, son ancienne professeure d’histoire-géographie qui lui a laissé un souvenir impérissable. Iconoclaste et farfelue, elle a initié des générations d’élèves aux joies de la cartographie imaginaire et de l’échappée onirique.
Commence alors le récit de Nathan : avant de mourir, Madame Hythlodée a pris soin d’adresser un livre – L’Utopie de Thomas More – à certains de ses anciens élèves. Quand ces derniers se retrouvent le jour de son enterrement, ils y découvrent des coordonnées géographiques qui ravivent le souvenir de son enseignement. Après avoir exhumé un gigantesque radeau remisé dans son hangar, ils comprennent que Madame Hythlodée leur propose de faire un dernier voyage en sa compagnie. Ils subtilisent alors son cercueil, mettent l’embarcation à l’eau et partent ensemble pour un mystérieux voyage funéraire, dont l’île d’Utopie elle-même semble être le véritable terme.
C’est justement ce voyage que Nathan va raconter, en paroles, en musique et en images, aux élèves d’aujourd’hui. Car c’est peut-être à eux, en définitive, que Madame Hythlodée, par-delà la mort, souhaite s’adresser…
Un récit de cette aventure en image, par l’équipe des relations avec le public du TNB.

Jour 1 : Collège Cleunay, Rennes
Menu du jour : paupiette de veau et riz
Premier jour de reprise pour Nathan Bernat, accompagné de Simon Gauchet. Aujourd’hui, l’arrivée au collège se fait avec beaucoup d’avance car il faut un temps de répétition. En effet cela fait plusieurs mois que le spectacle n’a pas joué.
Pendant la répétition, un grand « CLAC » se fait entendre. Une corde du banjo, utilisé pendant le spectacle, vient de se rompre. Malheureusement, pas de corde de rechange dans le sac. Commence alors une course contre-la-montre pour trouver une corde de remplacement, d’autant plus que nous sommes lundi, et que le lundi, les magasins sont pour la plupart fermés. D’appels téléphoniques en appels téléphonique nous trouvons finalement un luthier, situé à cinq minutes du collège, qui a le jeu de cordes de banjo compatibles à notre recherche.
La sonnerie retentit, les élèves de 4e B s’installent, et Nathan entre en scène. Ou plutôt en classe. Les collégiens sont très réactifs et les remarques fusent : « C’est de la nourriture dans la boîte ?? ». De nombreux rires se font entendre ainsi que des remarques incrédules, des questionnements et des sourcils levés en direction de l’enseignante. Que se passe-t-il vraiment dans cette salle de classe ?
Les notes du banjo s’envolent et le calme se fait. Les élèves sont suspendus au récit de cette incroyable aventure et leur imagination vogue avec le radeau. Cela n’aurait pas eu le même effet sans la musique !
À la fin de cette première représentation, certains élèves ralentissent le moment de quitter le couloir pour rencontrer Nathan, le comédien, et lui poser des questions sur son métier. « Incroyable le jeu d’acteur » glisse une élève.
L’après-midi, au tour des élèves de troisième d’être embarqués sur le Radeau utopique. La classe est plus calme mais très concentrée, et les élèves, si perplexes au début, sont très vite embarqués.
À la question « alors ce colis, on l’ouvre ? » posée par Nathan, une réponse fuse : « Mais… et la suite de l’histoire ? ». Ils attendront en effet avant d’ouvrir le carton car la suite du récit n’attend qu’à être contée.
À la fin, une élève profite de la présence du metteur en scène pour lui demander si cette histoire s’est réellement produite.
De retour au collège la semaine suivante pour une animation autour d’un autre spectacle, c’est l’occasion d’avoir les retours des élèves sur ce qu’ils ont vécu. « Certains élèves ont raconté, le soir, à leurs parents, l’intervention de cet ancien élève » explique l’enseignante. Ils y croyaient encore ! ». Le doute reste palpable dans la classe. C’était un spectacle, ça oui. Mais l’histoire racontée, elle, est-elle vraie ? Le trouble s’est bel et bien installé au sein du collège de Cleunay, où la fiction a dépassé la réalité.


Jour 2 : Collège Jean Monnet, Janzé
Menu du jour : poulet fermier, pâtes et sauce champignons
Cacher le banjo dans un placard, écrire le mot FIN sous une table, préparer le colis pour la classe, marquer l’emplacement de l’écran pour le vidéo projecteur : la mise en place du spectacle est bien rodée. Et pourtant, ce matin le numéro de la classe de 4e indiqué sur le colis a été inversé avec celui de la classe de l’après-midi !
Tout en jouant son rôle, Nathan attrape un feutre et modifie l’étiquette du colis. Les élèves ne se doutent de rien, le voyage peut reprendre !
Cette représentation est très mouvementée entre la sortie, puis le retour, d’un élève que l’on vient chercher et le bruit de la perceuse des travaux dans la classe d’à côté. Mais la magie du voyage opère de nouveau et les élèves restent absorbés par l’histoire. Nathan raconte que timide, pétrifié, il n’ose pas parler à Inès, celle dont il est amoureux depuis des années. A ce moment, il voit un élève qui lance un regard en coin vers une fille pas loin de lui. Le récit résonne chez plus d’un dans cette salle de classe…
Les 4e E embarquent sur le radeau l’après-midi. Quelques regards dubitatifs montrent que certains ont eu des échos de ce qu’il se passe dans cette classe. Difficile d’empêcher les élèves du matin de raconter l’incroyable aventure qu’ils ont vécue ! Bien que l’effet de surprise soit moins présent chez certains, cela n’empêche personne de profiter de l’histoire racontée pendant une heure.

Jour 3 : Collège Paul Féval, Dol-de-Bretagne
Au Collège Paul Féval, nous sommes accueillis par Martha Craech, référente culturelle, très enthousiaste à l'idée de proposer un spectacle dans son établissement. En effet, peu de propositions culturelles sont offertes aux élèves et c’est rare qu’un spectacle vienne directement au contact des élèves. L'enseignante d'histoire-géographie est également ravie et fière de nous accueillir dans sa salle de classe, où la pièce sera jouée. Certains enseignants auraient aimé accueillir le spectacle dans leur propre classe, on peut sentir l’envie même au sein de l’équipe pédagogique de découvrir cette aventure.
Les élèves de 3e 4 quant à eux, se sont bien prêtés au jeu et ont été emportés par l'intrigue. De plus, le radeau prenant la mer à Saint-Malo, ils sont au plus proche des lieux évoqués dans le récit ! Pendant la pièce, certains élèves se tournent vers leur enseignante pour lui chuchoter : « Mais madame, pourquoi on ne fait pas les cours comme ça, tous les jours ? »
C’est une réussite : l'équipe du collège et les élèves ont apprécié accueillir Une île au sein de leur établissement !
« Sur l’eau
Sur la rivière
Sur le bord de la mer
Sur l’eau
Sur la rivière
Sur le pont du radeau »
Jour 4 : Collège Angèle Vannier, Saint-Brice-en-Coglès
Menu du jour : Poisson en sauce, pommes de terre et gâteau au chocolat
Nous sommes chaleureusement accueillis par le directeur du collège, ravi de notre présence. Nous faisant patienter avant de nous emmener en classe, afin que la surprise demeure, nous sommes surpris par une musique de Nirvana dans les haut-parleurs. Dans ce collège, chaque sonnerie de la journée est une musique tirée d’une playlist collaborative de l’établissement.
Petit collège, il n’y a ici que deux classes de troisièmes. Mais ceux du matin promettent bien de ne rien dire à ceux de l’après-midi !
Que ce soit les 3e A ou les 3e B, ils sont toutes et tous emportés dans l’aventure. La reconstitution du cours donné par Mme Hythlodée est toujours un grand succès, faisant sursauter et rire les élèves par ses grands éclats de voix.
Pendant que les élèves suivent attentivement la représentation, l’enseignant documentaliste prend quelques discrètes photos car un article autour d’Une Île est prévu dans le journal du collège.
« Un jour j’irai sur la lune, un jour j’irai… », les haut-parleurs chantent la fin des cours. Mais en quittant leur salle de classe, c’est sur le radeau utopique que ces élèves, eux, aimeraient aller.

Que ce soit au collège Cleunay, Jean Monnet, Paul Féval ou Angèle Vannier, la magie du radeau utopique et de son incroyable aventure vers l’île d’Utopie a, à coup sûr, embarqué les élèves. Certains ont même cherché à en savoir plus et ont retrouvé des vidéos du radeau utopique présentes sur internet. L’occasion de passer un message directement au comédien :

Photos © Louise Quignon
Avec le soutien du département d’Ille-et-Vilaine et de la DRAC Bretagne

« UNE ÎLE » DE SIMON GAUCHET
TOURNÉE DÉPARTEMENTALE (OCT 2024)
Publié le 11/28/2024
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