Aimer être aimé : la grande aventure de l’être humain lâché sur terre en solitaire à la rencontre de l’autre. Une création menée par Madeleine Louarn et Bernardo Montet avec la troupe Catalyse et les élèves de la promotion 12 de l’École du TNB.
Cela fait maintenant huit ans que Madeleine Louarn et la troupe Catalyse, constituée d’acteur·rices en situation de handicap, renouvellent des résidences de recherche et de création avec les promotions successives de l’École du TNB. Forcément, une complicité est née.
« Les rencontres avec les trois promotions de l’École ont à chaque fois été des découvertes d’une incroyable richesse. Ce temps long a fait naître une liberté et une confiance réciproques. Et, d’évidence, cela nous a conduits à cette question du lien », explique l’intéressée. L’inclusivité, si chère à la démarche de la metteuse en scène quand elle parle de cette expérience, ne pouvait finalement que déboucher sur une thématique inclusive s’il en est : l’amour. Un travail présenté comme une « pièce chorégraphique avec des mots », mené par le danseur et chorégraphe Bernardo Montet. La distinction a son importance pour Madeleine Louarn : « Écrire une pièce chorégraphique et y insérer du texte diffère sensiblement, dans sa conception, de celle d’une dramaturgie basée sur un texte. S’inspirer en premier lieu de l’engagement des corps nous a semblé être une voie pertinente pour parler d’aimer. Il s’agit d’un acte, un engagement qui transforme les êtres, et ce sont ces déplacements qui nous ont guidés. »
Si les improvisations des interprètes, également parties prenantes de la construction de la pièce, se sont d’abord nourries des réflexions d’Eva Illouz, Vladimir Jankélévitch ou bell hooks, ce sont leurs propres textes qui agencent les quatre séquences composant le spectacle : « Le désir, la passion, la sublimation et la fraternité. L’ensemble s’appuie sur des chorégraphies collectives. Nous avons aussi eu la chance de rencontrer Babouillec, et ses poèmes ont inspiré plusieurs danses », confie l’artiste. Une focale extralarge qui permet « d’orienter la pièce dans ce qu’elle a de politique, en choisissant non pas le couple comme emblème, mais l’engagement dans la fraternité, la force des liens d’un groupe qui s’est constitué ».
– Fabienne Arvers pour le supplément des Inrocks (novembre 2026)
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Publié le 10/23/2026
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MADELEINE LOUARN / BERNARDO MONTET
AIMER ÊTRE AIMÉ
ENTRETIEN AVEC MADELEINE LOUARN
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