En octobre 2025, Valérie Mréjen présente sa nouvelle création, Pomme-frite. Un spectacle créé en résidence au TNB.
Pour sa nouvelle création Pomme-frite, Valérie Mréjen, écrivaine, plasticienne, metteuse en scène, vidéaste, et artiste associée au TNB, s’est rendue dans des écoles primaires et a recueilli les paroles d’enfants endeuillés face à la perte de leurs petits animaux de compagnie, plus ou moins domestiques. Leurs descriptions, souvent comiques, abordent la mort de ces animaux du côté de la magie et de la poésie. Une expérience sensible et pleine de tendresse qui invite à voir autrement la question du deuil.
Le sujet de la pièce est la mort. Un sujet qui est aujourd’hui omniprésent dans l’actualité. Dans quel état d’esprit avez-vous abordé ce thème ?
Même si on n’y pense pas forcément tous les jours, la mort est un sujet quotidien effectivement. Aujourd’hui, les enfants sont de plus en plus confrontés à des histoires horribles et violentes, y compris à l’école… C'est donc quelque chose qu’ils connaissent très bien. Ils en entendent parler souvent. Et il est difficile de les préserver de ces histoires parce qu’ils sont plongés dans le monde des adultes : ils écoutent la télévision, entendent les conversations à table, ont accès à des images qu’on ne voyait pas avant. Une fois cela posé, le quotidien a pour moi une autre vertu : il est possible de s’en échapper par l'imagination. Ce qui m'intéresse à travers ce spectacle est de savoir comment en parler. Comment trouver les termes. Comment la montrer. Comment transformer ces histoires vraies racontées par les enfants en fantasmagorie.
De quelle façon avez-vous transformé les témoignages en pièce ?
Par l’esthétique du rituel au théâtre. D’une certaine manière, un enterrement est une sorte de représentation. Il y a une mise en scène, un ordre, un timing, des prises de parole et une audience. Pour ce spectacle, je me suis inspirée de la façon dont les enfants enterrent leurs animaux. En général, ils choisissent des éléments qui sont à portée de main pour fabriquer de petites cérémonies. Certains m’ont dit avoir chanté La Marseillaise en faisant cui-cui, d’autres avoir utilisé des briques de lait et des noyaux de cerises... Tous font en sorte que cela soit joli en fabriquant de petites mises en scène avec les moyens du bord et leur imagination. Dans la première partie, je projette sur un écran des séquences filmées avec eux. Les comédien·nes interviennent pour prolonger les histoires diffusées sur scène. La seconde partie est plus fictionnalisée. Les images disparaissent laissant libre champ aux acteurs et actrices qui vont s’approprier les récits collectés en se déguisant en fantômes d'animaux passés dans l'au-delà.
C’est votre 4e rendez-vous avec le jeune public. Quelle place occupe cette écriture à destination de l'enfance dans votre parcours ?
Bien sûr le texte doit être apprécié et compréhensible par les enfants mais, dans les faits, cela ne change rien à ma façon d’écrire ou de penser l’écriture théâtrale. J’aime par exemple utiliser plusieurs médias, imbriquer les langages et les registres. Comme ici la vidéo et le jeu, le témoignage et la comédie.
– Propos recueillis par Francis Cossu
ENTRETIEN AVEC VALÉRIE MRÉJEN
L'IMAGINATION AU POUVOIR
Publié le 06/03/2025
EN ÉCHO
Création en résidence
10 — 18 oct 2025
VALÉRIE MRÉJEN
POMME-FRITE
Plasticienne
VALÉRIE MRÉJEN
Sam 04 oct — 15h00
POMME-FRITE
RÉPÉTITION OUVERTE
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