Depuis juillet 2024, après 3 années de formation, la promotion 11 n’est plus constituée d’élèves mais désormais de jeunes acteurs et actrices. Pascal Rambert, auteur et metteur en scène, présente avec elles et eux Dreamers #2 qui clôture 3 années d'apprentissage.
Comment s’annonce Dreamers #2 ?
Ce n’est pas le même groupe évidemment que le 1er donc le spectacle aura sa propre identité tout en s’inscrivant dans la continuité. Ils sont 20 aussi. Des garçons, des filles et des personnes en transition ou en réflexion sur leur identité de genre. Cette fois, contrairement au premier spectacle, je vais faire les choses différemment, changer mon processus de travail. Pour moi c’est important de ne pas me répéter. Sinon je m’ennuie. Et puis je m’adapte à chaque groupe. Là je sens qu’il faut que je les rencontre en tête-à-tête, que je les écoute individuellement. Lors des premières séances de travail où l’on parle à bâtons rompus de tout et de rien, j’ai senti les limites qu’il y a pour certains à s’exprimer devant tout le monde. Ils ont besoin d’un contexte plus intime pour que la parole se libère sans entrave.
Sur quelle idée partez-vous cette fois-ci ?
J’ai envie de faire une rave ininterrompue d’environ 1h sur une durée de spectacle de 2 heures environ. L’idée m’est venue en les écoutant car plusieurs d’entre eux ont évoqué leur voyage à Berlin pour aller danser. Ils peuvent danser des heures d’affilée sans s’arrêter. C’est venu percuter une idée que je traîne depuis très longtemps, 10 ou 15 ans je crois, de faire un spectacle où les gens dansent et parlent en même temps. Il y aura 2 lignes son si je puis dire : ce que se disent les gens en dansant et ce qu’ils pensent pendant qu’ils dansent. C’est-à-dire d’une part les interactions dialoguées entre eux, des échanges qui se répondent les uns les autres et d’autre part des soliloques intérieurs dits à voix haute. Ils seront microtés, sur de la musique, donc le gros enjeu pour eux, ce sera l’endurance, leur capacité à danser en continu tout en parlant sans que l’essoufflement prenne le pas sur l’intelligibilité de la parole. Et le gros enjeu pour moi sera de cartographier ce double mouvement de la parole et des corps.
Les rêves, la rave… Vous choisissez des zones d’exploration qui vont droit à l’inconscient, sans passer par le policé, le langage bien comme il faut.
C’est mon cheval de bataille. Je traite les moments où les gens ne sont plus dans les masques, plus dans la protection et se laissent aller à la désinhibition. Ce que procure la drogue ou l’alcool. Là je fais un spectacle sur une réelle désinhibition des comportements et de ce qu’on s’autorise à penser dans sa tête jusqu’à les faire se transformer en acte. Dans un espace-temps comme une rave, tu es en plein dans le lâcher-prise et c’est ça qui m’intéresse puisque je pratique des irruptions de langage.
Mon théâtre se passe sur des moments saillants de nos vies : ruptures, décès, naissance, explosion collective, remémoration du passé, tentative de reconstitution du 1er regard (comme dans Reconstitution), extrême confusion proche de la schizophrénie (comme dans Perdre son sac), explosion du couple pour conserver la garde de leur enfant (comme dans Finlandia), discussion avec des morts (comme dans Mon absente)… Des moments où les gens ne sont plus dans le masque social et le langage propre et convenu.
– Propos recueillis par Marie Plantin, février 2023
JEUNESSE EN TRANSE
ENTRETIEN AVEC PASCAL RAMBERT
Publié le 10/11/2024
EN ÉCHO
Festival TNB
13 — 23 nov 2024
PASCAL RAMBERT / PROMOTION 11 DE L’ÉCOLE DU TNB
DREAMERS #2
2021–2024
PROMOTION 11
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