Arthur Nauzyciel évoque les grandes lignes de cette nouvelle édition du festival, qui sera sa dernière en tant que directeur du TNB. Avec, comme mot d’ordre, l’ouverture des plateaux à tous et toutes les artistes, en particulier aux plus jeunes.

Votre mandat à la direction du Théâtre National de Bretagne s’achève en décembre prochain : avez-vous pensé différemment le Festival TNB en sachant que cette édition serait la dernière sous votre responsabilité ?


Cette édition revêt une signification particulière. Elle vient clore dix années passées à construire, avec les artistes, les équipes et le public, un projet fondé sur la création, la transmission et la rencontre. Pour cette dernière édition, malgré un contexte financièrement tendu, nous avons privilégié l’accompagnement des créations et l’ouverture des plateaux aux artistes, en particulier aux plus jeunes. Nombre des spectacles sont le fruit de résidences ou ont été répétés au théâtre. La question de la transmission est centrale dans cette édition. Le passage de relais se réalise à travers les premiers spectacles signés par d’anciens élèves issus de l’École du TNB et aussi à travers la participation de ces jeunes acteurs et actrices à plusieurs spectacles qui y seront créés ou accueillis. Plus qu’un aboutissement, le festival propose l’image d’un instantané des lignes de force mises en place depuis dix ans entre les élèves de l’école et les artistes. Ouvert à des créations internationales et propice au dialogue intereuropéen, le festival développe par ailleurs, avec le dispositif Extra-Ordinaire, un autre axe fort où le regard porté sur la création adaptée devient un moteur artistique.



Quels sont vos sentiments après dix ans passés à la tête de l’institution ?


Beaucoup de choses vont me manquer en quittant le Théâtre National de Bretagne. Notre projet visait au décloisonnement des disciplines au cœur de ce théâtre unique qui abrite une école d’acteur·rices où l’on étudie le théâtre, la danse, qui dispose d’un festival et d’un cinéma. Un dispositif ayant quelque chose d’unique et d’extraordinaire en permettant aux pratiques de s’augmenter en se nourrissant des autres arts. 



En forme de bilan et à la veille de l’élection présidentielle de 2027, comment envisagez-vous l’avenir et quels sont pour vous les enjeux pour la culture ?


Dans le contexte politique d’aujourd’hui, et comme tout le monde, j’ai du mal à me projeter dans l’avenir. Quoi qu’il arrive, la position de l’artiste est de se réinventer et de s’adapter à de nouvelles conditions et capacités de création. Avoir un lieu, c’est l’opportunité de s’inscrire d’une manière forte et politique dans un territoire ; être en compagnie renvoie à une dimension plus personnelle, celle d’exister à travers son propre travail de metteur en scène. Je sais que la dimension politique et la responsabilité d’une famille d’artistes vont me manquer. Avoir appris beaucoup de ces dix années et avoir accompagné une nouvelle génération d’acteurs et d’actrices constitue un terreau fertile pour affronter l’avenir, quel qu’il soit.



– Propos recueillis par Patrick Sourd pour le supplément Les Inrocks (novembre 2026)

FESTIVAL TNB X LES INROCKS

LA QUESTION DE LA TRANSMISSION EST CENTRALE

Publié le 10/23/2026