Dans le cadre du projet Une saison à l’École, Arthur Nauzyciel met en scèe La mort de Danton avec la promotion 12. Cette célèbre fresque politique et poétique écrite par Büchner retrace les derniers jours de Georges Danton, figure révolutionnaire instigatrice puis victime de la Terreur de 1793. 

Mohamed Boussaid (Robespierre) et Mikaël Joncour (Camille) reviennent sur les œuvres et les références de cette période historique qui ont nourri leur travail et leur imaginaire tout au long du projet.


Quels tableaux vous ont inspiré ? 


Mohamed – Le radeau de la Méduse (Théodore Géricault) : le spectacle commence et finit sur cette image. Des corps inertes revenants à la vie, les uns s’accrochant aux autres pour survivre. La Maison de fous de Goya. L’Incrédulité de saint Thomas (Caravage). Avec ce dernier tableau, nous cherchions à ouvrir les imaginaires bibliques présents dans le texte et incarnés par les figures révolutionnaires de la terreur : Robespierre et Saint Just. Paradoxalement je pense que Le Serment du Jeu de paume (Jacques-Louis David) est le tableau qui incarne la chute de Danton mais aussi celle de tous les révolutionnaires. La détresse dans le regard de Bailly (figure située au centre du tableau) marque le début de la fin. Je ne peux m’empêcher d’avoir des frissons à l’observation de ce tableau.


Mikaël – La Mort de Socrate de Jacques-Louis David. Le Cauchemar de Johann Heinrich Füssli. Les licteurs rapportent à Brutus les corps de ses fils de Jacques-Louis David. 



Votre playlist de la Révolution/de la Terreur ?


Mohamed –

La Prière du Parachutiste – André Zirnheld

Chant du Légionnaire tombé

Ça ira - Edith Piaf

Sabaa Ayam - Nadia Guerfi


Mikaël – 

Ça ira - Édith Piaf

La Marseillaise - Édith Piaf

La Carmagnole - Johnny Hallyday

Mea Culpa - Gojira

Le Chant du Départ [chant révolutionnaire, écrit en 1794 par Marie-Joseph Chénier et mis en musique par Étienne Nicolas Méhul]

La Trahison Punie [chant révolutionnaire, 1792]

Olympe de Gouges - Femmouzes T.

Danton - Michel Sardou

Le thème du film Big Boss (1971) – Peter Thomas

Le Boléro - Maurice Ravel

Sérénade et L'automne (Les saisons) - Haydn

Requiem [Confutatis/Introitus/Lacrimosa] - Mozart



Le révolutionnaire que vous auriez aimé être ? 


Mohamed – J’aurais aimé être Camille Desmoulins. L’amour qu’il porte à sa femme Lucile et plus encore à l’humanité, me fascine. Ils sont un brin d’espoir et de vie dans cette grande fresque sanguinaire absurde.



Un discours ou une phrase de l’époque que vous retenez ? 


Mohamed – Après avoir signé le procès-verbal de l’Assemblée Nationale lors du Serment du Jeu de paumes, un des députés a écrit dans son journal : « Nous sommes tous foutus ».


Mikaël – La dernière lettre de Marie-Antoinette à sa belle-sœur :

« Ce 16 octobre 1793 à 4h1/2 du matin

C’est à vous, ma sœur que j’écris pour la dernière fois.

Je viens d’être condamnée non pas à une mort honteuse – elle ne l’est que pour les criminels – mais à aller rejoindre votre frère. Comme lui innocente, j’espère montrer la même fermeté que lui dans ses derniers moments. Je suis calme comme on l’est quand la conscience ne reproche rien ; j’ai un profond regret d’abandonner mes pauvres enfants. Vous savez que je n’existais que pour eux et vous, ma bonne et tendre sœur. Vous qui avez par votre amitié tout sacrifié pour être avec nous, dans quelle position je vous laisse ! J’ai appris par le plaidoyer même du procès que ma fille était séparée de vous. Hélas ! La pauvre enfant, je n’ose pas lui écrire, elle ne recevrait pas ma lettre. Je ne sais pas même si celle-ci vous parviendra. Recevez pour eux deux ici ma bénédiction. J’espère qu’un jour, lorsqu’ils seront plus grands, ils pourront se réunir avec vous et jouir en entier de vos tendres soins. Qu’ils pensent tous deux à ce que je n’ai cessé de leur inspirer, que les principes et l’exécution exacte de ses devoirs, sont la première base de la vie, que leur amitié et leur confiance mutuelles en feront le bonheur […] »


La référence donnée par Arthur Nauzyciel qui vous a le plus marqué ?


Mohamed – « C’est chez les morts eux-mêmes que j’étais descendu pleurer, jusque dans leurs chambres secrètes, conduit par d’invisibles mais douces mains d’oiseaux, sur des escaliers qu’on repliait à mesure. J’exposais ma douleur dans les champs amicaux de la mort, loin des hommes : en moi-même. On ne risquait pas de me surprendre dans des gestes ridicules, j’étais ailleurs »
– Jean Genet, Pompes funèbres, éd Gallimard, 1953


Mikaël – Le Bal de Victimes, pour la coupe de cheveux et le ruban rouge. La Marseillaise de Serge Gainsbourg.

JOURNAL DE CRÉATION

MOODBOARD – LA MORT DE DANTON

Publié le 05/13/2026