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ÉTUDIANT·ES NOMADES

AYMEN À BRUXELLES

Publié le 26/03/2021

 

En séjour d’étude ou en stage, la mobilité internationale des élèves fait pour la première fois partie intégrante de leur cursus de formation. Malgré le contexte sanitaire, 6 élèves ont finalement pu partir en immersion dans un autre pays de janvier à mars 2021. 

Cette semaine, suivez Aymen Bouchou, en séjour d’étude au Royal Institute for Theatre Cinema and Sound à Bruxelles (Belgique).

 

Peux-tu nous présenter la structure dans laquelle tu es et ce que tu y fais ?

 

Depuis le début du mois de janvier, je suis en stage au RITCS (Royal Institute of Theater Cinema and Sound) à Bruxelles. J’ai entamé un travail de création avec un groupe de 5 autres acteurs en troisième année et d’un metteur en scène flamand, Tom Dupont, autour du thème de la police. Avant d’arriver à Bruxelles, Tom m’a demandé d’interviewer un policier français sur certains points précis qui l’intéressait. Ce point de départ nous a permis de créer une forme collective à partir de textes écrits par nous-mêmes, d’extraits de films, d’émissions TV, d’articles journalistiques etc. Nous avons également choisi de travailler à partir d’une affaire policière autour de Lamine – qu’ils appellent ici le Georges Floyd belge – un jeune homme d’une vingtaine d’années mort dans des circonstances floues après une intervention policière à son domicile pour l’expulser. L’idée étant de faire jaillir une parole d’un endroit de silence, de trouble – cela fait maintenant près de 2 ans que le corps de Lamine ne peut toujours pas être enterré car l’affaire judiciaire est en cours – non pas pour condamner ou pour se positionner d’une quelconque manière, mais pour questionner aujourd’hui ce rapport qu’ont nos sociétés avec la police, et plus généralement avec l’ordre, la violence, le pouvoir.

 

Pourquoi avoir choisi de partir ?

 

C’est un projet que nous construisons avec l’École depuis maintenant près de 2 ans. J'ai trouvé ça juste de mener ça jusqu'au bout, malgré la situation sanitaire. C'est une occasion pour prendre de la distance avec l'École, mettre en pratique tout ce qu'on a pu apprendre au TNB. D’une certaine manière, c’est aussi un pari : se dire que malgré les contraintes sanitaires, il est encore possible de travailler, de rencontrer, d’échanger, que le désir est toujours là, que des choses sont encore possibles même dans un climat pareil, que le monde ne s’arrête pas.

 

Quelles différences et/ou quels points communs constates-tu entre le système français et le pays dans lequel tu es ?

 

Nous avons la chance ici au TNB d’être dans une école inscrite pleinement dans la vie du théâtre. C’est pour moi la principale différence avec le RITCS qui est une école qu’on pourrait dire isolée. En tant qu’acteur·rices, pouvoir assister à des représentations, à des répétitions parfois, rencontrer les artistes qui jouent, mais aussi avoir accès à tout l’univers technique de ce métier, à tous les professionnel·les qui font la vie du théâtre, c'est très enrichissant en tant que jeune acteur.

 

Une expérience marquante depuis ton arrivée ?

 

La première semaine, nous avons travaillé avec un performer camerounais, Zora Snake, qui nous a proposé de faire une performance à l'extérieur, autour des abattoirs proches de l'école. C'était quelque chose que je n'aurais jamais fait en France, mais parcourir comme ça les rues et jouer avec tout ce qui se présentait autour, sons, gens, objets, lieux, et avec la violence de l'abattoir, des corbeaux qui rôdent en quête d'os, et des bruits de cochons qui agonisent, c'était une expérience envoûtante, dérangeante.

 

En quoi la pandémie du COVID-19 impacte l’activité culturelle là où tu es ?

 

Après 8 semaines de travail de création de la pièce, nous avons appris le jour de la générale qu'il n’y aura aucun public lors des représentations. Nous étions censé·es présenter la pièce 3 soirs de suite devant les élèves et professeur·es de l’école, mais finalement nous n’avons pu jouer que 2 fois, à chaque fois devant 4 personnes – 4 illégales personnes qui se sont faufilées entre les mailles du filet ! C’était très décevant de ne pas achever le travail en le montrant au public, de finir sur cette note-là...

 

    

 

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AYMEN À BRUXELLES

 

En séjour d’étude ou en stage, la mobilité internationale des élèves fait pour la première fois partie intégrante de leur cursus de formation. Malgré le contexte sanitaire, 6 élèves ont finalement pu partir en immersion dans un autre pays de janvier à mars 2021. 

ÉTUDIANT·ES NOMADES

AYMEN À BRUXELLES

Publié le 26/03/2021

 

En séjour d’étude ou en stage, la mobilité internationale des élèves fait pour la première fois partie intégrante de leur cursus de formation. Malgré le contexte sanitaire, 6 élèves ont finalement pu partir en immersion dans un autre pays de janvier à mars 2021. 

Cette semaine, suivez Aymen Bouchou, en séjour d’étude au Royal Institute for Theatre Cinema and Sound à Bruxelles (Belgique).

 

Peux-tu nous présenter la structure dans laquelle tu es et ce que tu y fais ?

 

Depuis le début du mois de janvier, je suis en stage au RITCS (Royal Institute of Theater Cinema and Sound) à Bruxelles. J’ai entamé un travail de création avec un groupe de 5 autres acteurs en troisième année et d’un metteur en scène flamand, Tom Dupont, autour du thème de la police. Avant d’arriver à Bruxelles, Tom m’a demandé d’interviewer un policier français sur certains points précis qui l’intéressait. Ce point de départ nous a permis de créer une forme collective à partir de textes écrits par nous-mêmes, d’extraits de films, d’émissions TV, d’articles journalistiques etc. Nous avons également choisi de travailler à partir d’une affaire policière autour de Lamine – qu’ils appellent ici le Georges Floyd belge – un jeune homme d’une vingtaine d’années mort dans des circonstances floues après une intervention policière à son domicile pour l’expulser. L’idée étant de faire jaillir une parole d’un endroit de silence, de trouble – cela fait maintenant près de 2 ans que le corps de Lamine ne peut toujours pas être enterré car l’affaire judiciaire est en cours – non pas pour condamner ou pour se positionner d’une quelconque manière, mais pour questionner aujourd’hui ce rapport qu’ont nos sociétés avec la police, et plus généralement avec l’ordre, la violence, le pouvoir.

 

Pourquoi avoir choisi de partir ?

 

C’est un projet que nous construisons avec l’École depuis maintenant près de 2 ans. J'ai trouvé ça juste de mener ça jusqu'au bout, malgré la situation sanitaire. C'est une occasion pour prendre de la distance avec l'École, mettre en pratique tout ce qu'on a pu apprendre au TNB. D’une certaine manière, c’est aussi un pari : se dire que malgré les contraintes sanitaires, il est encore possible de travailler, de rencontrer, d’échanger, que le désir est toujours là, que des choses sont encore possibles même dans un climat pareil, que le monde ne s’arrête pas.

 

Quelles différences et/ou quels points communs constates-tu entre le système français et le pays dans lequel tu es ?

 

Nous avons la chance ici au TNB d’être dans une école inscrite pleinement dans la vie du théâtre. C’est pour moi la principale différence avec le RITCS qui est une école qu’on pourrait dire isolée. En tant qu’acteur·rices, pouvoir assister à des représentations, à des répétitions parfois, rencontrer les artistes qui jouent, mais aussi avoir accès à tout l’univers technique de ce métier, à tous les professionnel·les qui font la vie du théâtre, c'est très enrichissant en tant que jeune acteur.

 

Une expérience marquante depuis ton arrivée ?

 

La première semaine, nous avons travaillé avec un performer camerounais, Zora Snake, qui nous a proposé de faire une performance à l'extérieur, autour des abattoirs proches de l'école. C'était quelque chose que je n'aurais jamais fait en France, mais parcourir comme ça les rues et jouer avec tout ce qui se présentait autour, sons, gens, objets, lieux, et avec la violence de l'abattoir, des corbeaux qui rôdent en quête d'os, et des bruits de cochons qui agonisent, c'était une expérience envoûtante, dérangeante.

 

En quoi la pandémie du COVID-19 impacte l’activité culturelle là où tu es ?

 

Après 8 semaines de travail de création de la pièce, nous avons appris le jour de la générale qu'il n’y aura aucun public lors des représentations. Nous étions censé·es présenter la pièce 3 soirs de suite devant les élèves et professeur·es de l’école, mais finalement nous n’avons pu jouer que 2 fois, à chaque fois devant 4 personnes – 4 illégales personnes qui se sont faufilées entre les mailles du filet ! C’était très décevant de ne pas achever le travail en le montrant au public, de finir sur cette note-là...

 

    

 

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