Les 20 élèves sortants de la promotion 11 partagent leur vision du théâtre et des arts, leur sensibilité, leurs imaginaires, leurs espoirs, leur nécessité.
En 2021, 1 375 candidat·es remplissaient le dossier de création du premier tour du concours d’entrée à l’École du TNB. Parmi ces 1 375 candidat·es, les 20 futurs élèves de la promotion 11 ont partagé à travers ce dossier leur vision du théâtre et des arts, leur sensibilité, leurs imaginaires, leurs espoirs, leur nécessité. 3 ans plus tard, en juin 2024, nourris de leur expérience artistique intensive à l’École, les jeunes acteurs et actrices se prêtent au jeu de répondre à nouveau à quelques questions issues du dossier qui leur avait été initialement soumis.
Qu’est-ce qui t'étonne ?
Les projections le phénomène de miroir.
Un point commun entre Ana 10 ans et André 55, tout ce qui me fascine.
Un camion-truck qui te dit tu montes ?
Quelqu’un qui se douche dans un hall de pierres et de métal marbré par l’ombre d’un coucher de soleil.
La danse de la pluie sur le toit, le dialogue avec la gouttière son arrivée dans le tonneau, son perlage. Ses vitesses, ses épaisseurs, ses rafales. Le peintre pluie s’active au pinceau.
Un bruissement de feuille dans une allée de fleurs.
La beauté de quelqu’un capable de dire je ne sais pas
La beauté de quelqu’un capable de dire sa vérité, de l’affirmer
Sentir son corps par celui des autres.
La danse d’un fleuve
Une feuille seule dans un fleuve
Sais-tu ce qui a déclenché ton envie de devenir comédien ?
Les non, les interdictions. L’envie. La foi.
Toutes ces personnes depuis ma naissance comme ce type quelque part en Asie prêt à sauter dans une voiturette.

© Lorriane Torlasco
Si tu fais du théâtre, c‘est pour t'adresser à qui ?
Je n’aime pas le mot adresse car il y a message lettre courrier
Offrir une possibilité de dialogue avec soi-même.
Donner aux personnes envie.
Juste,
Envie
D’eux-mêmes
De leur émotions, sensibilités, corps.
Je ne sais pas.
Raconte un moment de théâtre ou de danse marquant pour toi (ces 3 dernières années).
Un moment de danse ? J’étais en rêve dans une ville d’un pays d’Afrique comme le Nigeria par exemple j’étais le seul type tout en blanc
La rue était pleine et on me disait « Leegooo » une main ferme amie sur l’épaule et un sourire large indescriptible, des pommettes d’amour : viens mon gars tu vas faire un solo en plein midi, 48 degrés face à ces corps, ces vies, ces âges, et ces regards.
Mon dos qui frappe le goudron.
Après le moment une dame, mère de famille me dit j’aimerais bien danser avec toi Ohibo. Ça veut dire homme blanc.
Quel acteur imagines-tu être dans l’avenir ?
Je préfère me concentrer sur maintenant. Néanmoins je rêve d’histoires complexes et denses.
Raconte-nous un souvenir d’enfance ?
Les odeurs. Le feuilleté. Une chaussure coincée dans un terrain meuble de pré au mois de novembre. Un sac plein de champignons. Du bois vieux. Un champ en pente par delà la neige. Le descendre à toute vitesse. Un bosquet de ronces. Le couinement des chaussures sur un parquet, sur un stabile. La poigne d’un judoka sur la collerette d’un t-shirt sans manche. Le chien mouillé. La pelouse fraîche d’été. L’air marin. La lavande. La pierre volcanique. « Ça c’est un pinson des arbres ». Un stade plein hurlant pour te descendre. Un stade plein hurlant pour te motiver. Un corps qui plonge dans l’eau. Une poutre que tu vois en arrivant au réfectoire et qui tombe à la fin du réfectoire. Le bruit des couverts au self. La sensation de l’école buissonnière.
La neige partout dans un parc, 7h du matin, seul, le craquement de la botte dans la neige, la lumière du réverbère, trillée de flocons, biblique.
Un bus une tempête de neige et un périple seul à pied le conducteur qui dit je ne peux pas continuer.
Ma première meilleure amie France bientôt retraitée, dame de ménage à l’école maternelle. Une fleur pour elle. Jeter la veste, être en t-shirt au mois de décembre. À bat les cagoules qui grattent. Les cordons-bleus, mon 4è obtenu après une grande détermination ou une, petite punition au self. Trois amis d’enfance, un repas magnifique 10 ans, le self pour nous, j’étais de corvée de pichets. Les mercredis et les lundi après-midi.
Quel serait le projet personnel (théâtral ou non) que tu aimerais réaliser au sortir de tes 3 années d’école ?
Plein.
Peut-être pas à l’issue pour celui-ci mais éduquer transmettre, donner des clés à des élèves mais ce n’est pas si facile.
Plein par où commencer. Vite un livre que je puisse les mettre sur papier !
Quand et comment vas-tu mourir ?
Je ne vais pas mourir, je meurs un petit peu chaque jour. Je renais aussi. Quand ça arrivera je virevolterai au firmament. Mon corps se fracassera comme la quille d’un bateau sur un récif - crucifié au-dessus de l’océan, mon âme s’échappera nimbée de différentes lumières, d’aurores mystiques.
Ô que ma quille éclate Ô que j’aille à la mer.
PROMOTION 11
NATHAN MOREIRA
Publié le 10/31/2024
EN ÉCHO
Festival TNB
13 — 23 nov 2024
PASCAL RAMBERT / PROMOTION 11 DE L’ÉCOLE DU TNB
DREAMERS #2
Création en résidence
12 — 21 déc 2024
GUILLAUME VINCENT
LA TOUR DE CONSTANCE
Artiste associée
25 avr — 16 juin 2023
PETER WEISS / MADELEINE LOUARN
L'INSTRUCTION
ÉCOUTER
ÉTUDIANT·E NOMADE
NATHAN AU NIGERIA
retour sur la une