Théâtre National de Bretagne
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JOURNAL DE CRÉATION "FICTION FRICTION"

3 QUESTIONS À MYRIAM RAULT

Publié le 15/02/2022

 

Fiction Friction de Phia Ménard, metteure en scène, performeuse et artiste associée au TNB, est créé en résidence au TNB et présenté du 15 au 19 février 2022. Elle y met en scène les jeunes acteur·rices issu·es de la promotion 10 de l'École du TNB.

En pleine résidence de création de Fiction Friction, nous avons rencontré Myriam Rault, régisseuse générale en charge des costumes.

 

Peux-tu te présenter, et nous raconter ton parcours professionnel ?
Mon envie première était de devenir comédienne, je projette alors de passer le concours de l’École du TNB qui n’aura lieu que 2 ans après mon bac. En attendant, je fais ce que je préfère : de la Biologie ! Je suis heureuse d’aller jusqu’à la dernière étape de ce concours mais je ne suis pas retenue dans l’équipe finale. On crée une compagnie avec des amis de la Fac… Finalement, j’ai compris que c’était le concret de la matière, les couleurs qui m’intéressaient plus que d’être sur un plateau. 

 

 

J’avais toujours fait un peu de couture pour moi. Quand il m’apparaît clairement que c’est le métier de costumière qui me plaît, je me donne 2 ans pour me former : 1ère année en stage chez un artisan couturier à l’issue de laquelle je passe un CAP / BEP en candidate libre, 2ème année stage dans les ateliers du TNB puis concours de l’ENSATT costume à Lyon, 1ère sur liste d’attente… donc pas retenue ! Mais Claire Fayet qui dirigeait l’atelier costume du TNB m’a fait confiance et m’a intégrée dans son équipe sur une longue création. C’est le début de ma vie professionnelle ! Et j’apprends le métier sur le tas. Je serai 20 ans intermittente du spectacle en travaillant pour des compagnies et pour l’atelier du TNB en tant que costumière et habilleuse.

 

Aujourd’hui, je suis régisseuse générale des costumes au TNB, où je fais le lien entre tout ce qui arrive et tout ce qui repart de l’atelier. Au final, je ne couds presque plus mais j’adore ces moments de dialogue et d’assistance avec les créateur·rices.

 

 

Quelles sont les différentes activités de l’atelier costume du TNB ?
À l’atelier costume, il y a 2 types d’activités.

 

L’activité création qui peut être séquencée en plusieurs métiers : le stylisme que l’on définirait comme le choix d’une esthétique en écho à l’intention dramaturgique des metteur·euses en scène – dessin, planches d’inspiration ; la réalisation du costume sur mesure – moulage, patronage, coupe, assemblage, transformation ; ou le shopping – achat de vêtement neufs ou d’occasion.

 

Ensuite, une fois que le spectacle est créé, on se concentre sur l’activité d’habillage, qui consiste à entretenir les costumes tout au long de l’exploitation de ce spectacle. L’habilleuse ou l’habilleur va laver, repasser, mettre en loge, retoucher s’il y a besoin (si le costume s’abîme ou craque) et aider aux changements rapides pendant la représentation. En tournée, lorsque les costumes sont fragiles, c’est très important qu’un·e habilleur·euse puisse suivre tout le processus.

 

Pour créer les costumes, il faut être à l’écoute du projet des metteur·euses en scène mais aussi des acteur·rices. Il y a un rapport très intime entre le comédien ou la comédienne et le costume aussi, il est important de prendre le temps de s’apprivoiser pour être en confiance et accepter la proposition esthétique du personnage.

 

Pour Fiction Friction, quelles étaient les envies de Phia Ménard ?
Phia Ménard avait le désir d’un geste plastique pour le traitement des costumes. Elle a proposé l’idée d’une base identique pour chacun·e des acteur·rices qui serait un jean et un haut très coloré. Nous avons amorcé la réflexion avant qu’elles et ils ne commencent à travailler au plateau, mais la création des costumes en tant que telle s’est faite en même temps que la création de la performance.

 

Nous avons décidé de créer à partir du sweat de sport coloré que l’on voit ressortir dans les fripes vintages déjà depuis quelque temps ainsi que des pièces récentes. J’en ai acheté un certain nombre pour avoir du choix. Nous étions toutes et tous au plateau, Phia, les élèves et moi. Selon les physionomies, nous avons déterminé des silhouettes, trouvé des couleurs, rajouté des brillances pour avoir des couleurs plus flashy sur des sweats qui était un peu ternes, nous avons raccourci des tailles, rétréci des manches... Cela s’est vraiment fait comme un tableau, l’acteur·rice était au milieu du plateau, nous disions selon la silhouette « tiens, on va raccourcir là, tiens on rallonge ici... », et ensuite en regardant le tableau de manière plus globale, les costumes se sont dessinés.

 

 

Nous sommes actuellement en train de créer une nouvelle silhouette puisque Hinda Abdelaoui, qui ne jouait pas dans la pièce à l’origine, intègre le projet pour les représentations de février 2022. J’ai trouvé un sweat dans les réserves, et nous allons y ajouter des brillances, raccourcir et resserrer la taille.

 


Pendant les représentations de Fiction Friction, du 15 au 19 février au TNB, une habilleuse va venir tous les matins laver les costumes puis les remettre en loge, vérifier les fermetures et les jeans qui morflent à chaque fois ! Mais lors de la création en 2020, dans le cadre de « Une Saison à l’École », ce sont les élèves eux-mêmes qui lavaient et préparaient leurs costumes. C’était un beau projet car cela leur a permis de prendre connaissance de tous les métiers du théâtre.

 

 

— Propos recueillis par l'équipe du TNB, février 2022

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3 QUESTIONS À MYRIAM RAULT

 

Fiction Friction de Phia Ménard, metteure en scène, performeuse et artiste associée au TNB, est créé en résidence au TNB et présenté du 15 au 19 février 2022. Elle y met en scène les jeunes acteur·rices issu·es de la promotion 10 de l'École du TNB.

JOURNAL DE CRÉATION "FICTION FRICTION"

3 QUESTIONS À MYRIAM RAULT

Publié le 15/02/2022

 

Fiction Friction de Phia Ménard, metteure en scène, performeuse et artiste associée au TNB, est créé en résidence au TNB et présenté du 15 au 19 février 2022. Elle y met en scène les jeunes acteur·rices issu·es de la promotion 10 de l'École du TNB.

En pleine résidence de création de Fiction Friction, nous avons rencontré Myriam Rault, régisseuse générale en charge des costumes.

 

Peux-tu te présenter, et nous raconter ton parcours professionnel ?
Mon envie première était de devenir comédienne, je projette alors de passer le concours de l’École du TNB qui n’aura lieu que 2 ans après mon bac. En attendant, je fais ce que je préfère : de la Biologie ! Je suis heureuse d’aller jusqu’à la dernière étape de ce concours mais je ne suis pas retenue dans l’équipe finale. On crée une compagnie avec des amis de la Fac… Finalement, j’ai compris que c’était le concret de la matière, les couleurs qui m’intéressaient plus que d’être sur un plateau. 

 

 

J’avais toujours fait un peu de couture pour moi. Quand il m’apparaît clairement que c’est le métier de costumière qui me plaît, je me donne 2 ans pour me former : 1ère année en stage chez un artisan couturier à l’issue de laquelle je passe un CAP / BEP en candidate libre, 2ème année stage dans les ateliers du TNB puis concours de l’ENSATT costume à Lyon, 1ère sur liste d’attente… donc pas retenue ! Mais Claire Fayet qui dirigeait l’atelier costume du TNB m’a fait confiance et m’a intégrée dans son équipe sur une longue création. C’est le début de ma vie professionnelle ! Et j’apprends le métier sur le tas. Je serai 20 ans intermittente du spectacle en travaillant pour des compagnies et pour l’atelier du TNB en tant que costumière et habilleuse.

 

Aujourd’hui, je suis régisseuse générale des costumes au TNB, où je fais le lien entre tout ce qui arrive et tout ce qui repart de l’atelier. Au final, je ne couds presque plus mais j’adore ces moments de dialogue et d’assistance avec les créateur·rices.

 

 

Quelles sont les différentes activités de l’atelier costume du TNB ?
À l’atelier costume, il y a 2 types d’activités.

 

L’activité création qui peut être séquencée en plusieurs métiers : le stylisme que l’on définirait comme le choix d’une esthétique en écho à l’intention dramaturgique des metteur·euses en scène – dessin, planches d’inspiration ; la réalisation du costume sur mesure – moulage, patronage, coupe, assemblage, transformation ; ou le shopping – achat de vêtement neufs ou d’occasion.

 

Ensuite, une fois que le spectacle est créé, on se concentre sur l’activité d’habillage, qui consiste à entretenir les costumes tout au long de l’exploitation de ce spectacle. L’habilleuse ou l’habilleur va laver, repasser, mettre en loge, retoucher s’il y a besoin (si le costume s’abîme ou craque) et aider aux changements rapides pendant la représentation. En tournée, lorsque les costumes sont fragiles, c’est très important qu’un·e habilleur·euse puisse suivre tout le processus.

 

Pour créer les costumes, il faut être à l’écoute du projet des metteur·euses en scène mais aussi des acteur·rices. Il y a un rapport très intime entre le comédien ou la comédienne et le costume aussi, il est important de prendre le temps de s’apprivoiser pour être en confiance et accepter la proposition esthétique du personnage.

 

Pour Fiction Friction, quelles étaient les envies de Phia Ménard ?
Phia Ménard avait le désir d’un geste plastique pour le traitement des costumes. Elle a proposé l’idée d’une base identique pour chacun·e des acteur·rices qui serait un jean et un haut très coloré. Nous avons amorcé la réflexion avant qu’elles et ils ne commencent à travailler au plateau, mais la création des costumes en tant que telle s’est faite en même temps que la création de la performance.

 

Nous avons décidé de créer à partir du sweat de sport coloré que l’on voit ressortir dans les fripes vintages déjà depuis quelque temps ainsi que des pièces récentes. J’en ai acheté un certain nombre pour avoir du choix. Nous étions toutes et tous au plateau, Phia, les élèves et moi. Selon les physionomies, nous avons déterminé des silhouettes, trouvé des couleurs, rajouté des brillances pour avoir des couleurs plus flashy sur des sweats qui était un peu ternes, nous avons raccourci des tailles, rétréci des manches... Cela s’est vraiment fait comme un tableau, l’acteur·rice était au milieu du plateau, nous disions selon la silhouette « tiens, on va raccourcir là, tiens on rallonge ici... », et ensuite en regardant le tableau de manière plus globale, les costumes se sont dessinés.

 

 

Nous sommes actuellement en train de créer une nouvelle silhouette puisque Hinda Abdelaoui, qui ne jouait pas dans la pièce à l’origine, intègre le projet pour les représentations de février 2022. J’ai trouvé un sweat dans les réserves, et nous allons y ajouter des brillances, raccourcir et resserrer la taille.

 


Pendant les représentations de Fiction Friction, du 15 au 19 février au TNB, une habilleuse va venir tous les matins laver les costumes puis les remettre en loge, vérifier les fermetures et les jeans qui morflent à chaque fois ! Mais lors de la création en 2020, dans le cadre de « Une Saison à l’École », ce sont les élèves eux-mêmes qui lavaient et préparaient leurs costumes. C’était un beau projet car cela leur a permis de prendre connaissance de tous les métiers du théâtre.

 

 

— Propos recueillis par l'équipe du TNB, février 2022

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