Dans le cadre de son partenariat avec le collège Rosa Parks de Rennes, le TNB a organisé une journée d’atelier d’écriture, en salle Serreau, animée par Tania de Montaigne, écrivaine, dramaturge, journaliste et artiste associée et Stéphane Foenkinos, scénariste et réalisateur.
Marraine du collège, Tania de Montaigne accompagne régulièrement les élèves dans leur découverte artistique et théâtrale.
Cette rencontre s’inscrit dans la continuité du travail mené autour de l’installation interactive en réalité augmentée NOIRE, présentée du 13 février au 15 mars aux Champs Libres, en partenariat avec le Théâtre National de Bretagne, consacrée à la vie de Claudette Colvin, pionnière du mouvement des droits civiques aux États-Unis.
Cette journée d’atelier a réuni 16 élèves de 5e et 14 élèves de 3e autour d’une même ambition : réfléchir collectivement à la notion d’engagement à travers l’exercice de « faire campagne ».
Pendant cinq heures, les élèves du collège Rosa Parks ont travaillé en groupes autour du mouvement de boycott des bus de Montgomery, un des événements majeurs du mouvement américain des droits civiques. La journée a débuté par une introduction autour de la figure de Claudette Colvin. Tous et toutes connaissaient déjà son nom : ils et elles avaient étudié, avec leurs enseignantes, deux figures majeures : Rosa Parks (dont leur établissement porte le nom) ainsi que Claudette Colvin.
Tania De Montaigne est revenue avec elles et eux sur plusieurs notions : la ségrégation raciale, les droits civiques, l’esclavage. Ils ont situé Montgomery sur une carte, puis élargi la discussion à la notion d’engagement.
Dans un second temps, les artistes ont proposé aux élèves de 5e et de 3e de se répartir petit groupe. Munis de feuilles, cartons et stylos, les voilà lancés dans leur campagne : création de tracts, de slogans, de discours pour convaincre leurs camarades. Chaque groupe devait identifier une injustice, la définir précisément, imaginer des solutions concrètes, inventer un nom de campagne, créer des affiches, puis défendre son projet devant une assemblée.
Pour accompagner les collégien.nes, trois membres de l’équipe des relations avec le public du TNB, deux enseignantes du collège, ainsi que les deux artistes qui circulaient de table en table pour soutenir la réflexion.
Les thématiques abordées étaient nombreuses : le racisme, les difficultés liées aux horaires scolaires, la pauvreté, les violences sexistes et sexuelles, les inégalités femmes-hommes. Les témoignages étaient poignants, les propositions souvent très concrètes :
« J’aimerais que notre collège ait une meilleure image. Nous ne sommes pas seulement un collège de quartier avec des élèves qui ne font rien. Nous sommes aussi intelligents que les élèves du centre-ville. »
« Nous aimerions que l’équipe pédagogique nous ressemble davantage, qu’il y ait aussi des personnes racisées parmi celles et ceux qui nous enseignent, pas seulement parmi le personnel d’entretien. »
« L’amour, ne frappe pas. »
« La richesse, ce n’est pas l’argent. »
« Les activités extrascolaires sont aussi importantes que les cours. »
Les échanges étaient vifs. Les élèves ont imaginé des noms de campagne : « Touche pas à mes potes », « Stop à la fatigue », « AAV : Aide Aux Victimes »

Après une courte présentation de leurs projets, une pause déjeuner bien méritée a rassemblé tout le monde au TNB. Les élèves de 5e et de 3e se sont mélangés.
L’après-midi, chaque groupe a présenté sa campagne devant l’ensemble des élèves. Dans leur discours, elles et ils dénonçaient l’injustice qui leur tenait à cœur, et cherchaient aussi à apporter leur solution pour y répondre : centre d’écoute et d’aide pour les personnes ayant subies des violences conjugales, mise à disposition de logements pour les personnes sans domicile. Dans le public, différents rôles avaient été distribués : défenseurs inconditionnels du projet, opposants, journalistes, passants. Les élèves, devenus représentants de leur campagne, devaient garder leur sang-froid, défendre leurs idées, répondre aux questions et convaincre. Le vocabulaire, la posture, l’argumentation : tout comptait.
Peu à peu, chacun et chacune s’est pleinement investie dans son rôle. Les débats étaient riches, l’audience active. Les prises de parole affirmées, ont fait émerger de vrais questionnements, parfois liés à leur histoire personnelle.
La journée s’est conclue par une grande manifestation symbolique : chaque groupe a déambulé dans la salle Serreau en scandant slogans et valeurs.
Ce fut un très bel après-midi de travail et d’engagement qui a permis aux élèves d’approfondir leur réflexion autour des enjeux d’engagement et de citoyenneté. Chacun et chacune a pu exprimer ses opinions et les défendre.
PROJET D'ÉDUCATION ARTISTIQUE ET CULTURELLE
ATELIER D’ÉCRITURE – COLLÈGE ROSA PARKS
Publié le 03/20/2026
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