Vendredi 13 février 2026, un atelier d’écriture a réuni les élèves du collège Cleunay et du collège des Gayeulles de Rennes autour du spectacle Israel & Mohamed présenté au Théâtre National de BretagneDans cette création, le danseur Israel Galván et le metteur en scène Mohamed El Khatib revisitent leurs archives familiales et leurs souvenirs pour raconter comment ils se sont consacrés à l’art, parfois à rebours des attentes de leurs pères.

Ces ateliers ont été imaginé dans le cadre d’un parcours artistique et culturel porté par les établissements scolaires et le TNB. Les équipes pédagogiques souhaitant travailler autour de l’autoportrait, plusieurs actions ont été menées en écho à l’œuvre. 


Au programme du parcours : temps de médiation en classe pour présenter l’œuvre d’Israel Galván et Mohamed El Khatib en amont de la pièce, découverte du spectacle au TNB et enfin atelier d’écriture.



Les ateliers ont été menés par Fred Hocké, dramaturge du spectacle. Pendant quatre heures, une cinquantaine d’élèves ont participé à un travail d’écriture autour du thème « Lettre au père ».


Ayant assisté à la représentation en début de semaine, les élèves ont d’abord échangé collectivement sur leurs impressions. Ensemble, elles et ils ont dégagé la thématique centrale du spectacle : la figure paternelle. Le groupe s’est accordé sur un point : alors que le spectacle est plutôt joyeux et drôle, il parvient à parler de sujets graves, qui ne semblent pas prêter à rire.


L’atelier se présente alors comme une invitation pour les élèves à réfléchir à leur relation au père : le leur, mais aussi celui qu’ils auraient aimé avoir. À la manière d’Israel et Mohamed, le groupe a mélangé réalité et fiction pour parler des pères et de la relation qu’elles et ils entretiennent avec eux.


Lorsque Fred Hocké a annoncé que chacun devait écrire à son père, les réactions ont été immédiates et certains élèves ont eu du mal à parler de la figure paternelle et à se confronter à ce lien.


L’atelier s’est déroulé en deux temps. La première partie était consacrée à une phase d’écriture automatique. Pendant de courts laps de temps (5 minutes), les élèves devaient écrire de manière spontanée autour de différentes propositions :

- Dresser le portrait-robot de leur père

- Évoquer ce qu’il aime

- Ce qu’il leur a appris

- Raconter des fragments de son histoire ou de son enfance

- Écrire ce qu’ils pensent savoir de lui sans qu’on ne le leur ait jamais transmis

- Décrire ce qu’ils aiment partager avec lui

- Raconter une bêtise partagée avec lui


Ce premier temps d’écriture a permis aux élèves de dépasser leur blocage initial. En mettant des cadres définis, le groupe a pu avancer petit à petit pour créer un premier ensemble de texte.



Après une courte pause, Fred Hocké leur a proposé, à partir de cette matière première, de rédiger une lettre. Ensemble, le groupe a d’abord redéfini les codes de la lettre : qu’est-ce qu’une lettre ? Comment commence-t-on ? Faut-il écrire « Bonjour » ? Comment s’adresse-t-on à son destinataire ?


Elles et ils ont aussi discuté du ton à adopter pour leur lettre. Il ne s’agit pas de n’aborder que le positif dans le lien qui les unit à leur père. La classe est invitée, si elle le souhaite, à faire part de doutes ou de reproches qui peuvent accompagner leur relation. Fred Hocké leur a donné comme repère la lettre lue pendant le spectacle par Mohamed El Khatib à son père.


Quatre adultes accompagnaient les élèves : l’artiste, l’enseignante et deux membres de l’équipe des relations avec le public du TNB. Ils ont soutenu celles et ceux pour qui l’écriture était plus difficile, ou lorsque l’inspiration tardait à venir.



Pour une partie du groupe, l’exercice s’est révélé délicat. Plusieurs élèves auraient préféré écrire à leur mère. De manière générale, il est apparu que la figure du père pouvait être complexe à aborder : parfois distante, méconnue, autoritaire ou absente.

L’atelier n’a pas été sans émotion. Quelques élèves se sont profondément livré.es dans leurs textes. Les lettres étaient anonymes, mais certain.es ont souhaité lire la leur à voix haute et partager leur écrit avec le groupe. Ces ateliers ont permis à certain.es d’exprimer des choses intimes et parfois difficiles à partager. Des élèves ont même souhaité repartir avec leurs lettres pour les faire lire à leur père et peut-être engager une discussion.


PROJET D'ÉDUCATION ARTISTIQUE ET CULTURELLE

LETTRE AU PÈRE : ATELIER D’ÉCRITURE AUTOUR DU SPECTACLE « ISRAEL & MOHAMED »

Publié le 03/20/2026