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FESTIVAL TNB X LES INROCKS

ENTRETIEN AVEC ALICE ZENITER

Publié le 13/10/2022

 

Entretien réalisé pour le supplément des Inrocks consacré au Festival TNB 2022, avec Alice Zeniter, autrice et metteuse en scène.

Alice Zeniter, l’autrice de L’Art de perdre, se met en scène dans une vraie-fausse conférence sur la narratologie. Elle trouve le dosage idéal entre la culture savante et les références populaires.


La déconstruction de la narratologie aurait pu faire l’objet d’un livre ou d’un cours à l’université. Pourquoi avez-vous choisi d’en tirer un spectacle ?


Alice Zeniter — J’avais envie de revenir à la théorie littéraire, en abordant les questions qui me brûlent à l’écriture : qu’est-ce qui est à l’œuvre dans la création d’une histoire ? Un spectacle, conçu comme une vraie-fausse conférence, qui puisse être à la fois émotionnel et personnel, me paraissait la forme adéquate. Trop souvent, le savoir littéraire se transmet de façon désincarnée. Typiquement, dans les colloques, le “je” est banni. Si je me passionne pour la fiction, c’est précisément parce que cela me fait quelque chose et parce que cela m’accompagne dans la vie, quotidiennement… Enfin, j’ai pu porter toutes mes casquettes à la fois : celles d’autrice, de metteuse en scène, d’universitaire et de lectrice.

 

Au plateau, vous sollicitez votre corps, de façon théâtrale et quasi acrobatique. Quels étaient les enjeux de la mise en scène ?


J’ai travaillé avec Matthieu Gary, qui est circassien. Nous nous entendons bien sur la construction des spectacles. Au-delà de l’édition dramaturgique, il m’a aidée au dosage, entre la gaucherie, qui peut provoquer du malaise dans le public, et l’aisance, qui peut imposer une posture de supériorité vis-à-vis du spectateur. D’ailleurs, c’est moi qui l’aide actuellement à l’écriture de son spectacle, une vraie-fausse conférence sur le mouvement et le salto, qui s’intitule Faire un tour sur soi-même.

 

Dans votre spectacle, il est question d’Aristote, de Victor Hugo, d’Umberto Eco… mais aussi d’Emmanuel Macron, du philosophe Frédéric Lordon et du féminisme. Pourquoi la narratologie est-elle nécessairement politique ?


Parce qu’elle contient, de façon visible ou invisible, une manière d’agencer le monde qui est politique. Ce sont presque toujours les dominants qui sont moteurs de l’histoire. Jusqu’à récemment, les héros sont majoritairement des hommes blancs, tandis que les femmes sont reléguées aux tâches quotidiennes et répétitives. Donc elles disparaissent… Et donc on ne cherche pas à les raconter. Alors qu’elles appellent de nouveaux types de récits… C’est simplement ça que j’essaie de montrer.

 

— Propos recueillis par Igor Hansen-Løve, septembre 2022
 

© Simon Gosselin 

Le Magazine du TNB

 

Entretien réalisé pour le supplément des Inrocks consacré au Festival TNB 2022, avec Alice Zeniter, autrice et metteuse en scène.

FESTIVAL TNB X LES INROCKS

ENTRETIEN AVEC ALICE ZENITER

Publié le 13/10/2022

 

Entretien réalisé pour le supplément des Inrocks consacré au Festival TNB 2022, avec Alice Zeniter, autrice et metteuse en scène.

Alice Zeniter, l’autrice de L’Art de perdre, se met en scène dans une vraie-fausse conférence sur la narratologie. Elle trouve le dosage idéal entre la culture savante et les références populaires.


La déconstruction de la narratologie aurait pu faire l’objet d’un livre ou d’un cours à l’université. Pourquoi avez-vous choisi d’en tirer un spectacle ?


Alice Zeniter — J’avais envie de revenir à la théorie littéraire, en abordant les questions qui me brûlent à l’écriture : qu’est-ce qui est à l’œuvre dans la création d’une histoire ? Un spectacle, conçu comme une vraie-fausse conférence, qui puisse être à la fois émotionnel et personnel, me paraissait la forme adéquate. Trop souvent, le savoir littéraire se transmet de façon désincarnée. Typiquement, dans les colloques, le “je” est banni. Si je me passionne pour la fiction, c’est précisément parce que cela me fait quelque chose et parce que cela m’accompagne dans la vie, quotidiennement… Enfin, j’ai pu porter toutes mes casquettes à la fois : celles d’autrice, de metteuse en scène, d’universitaire et de lectrice.

 

Au plateau, vous sollicitez votre corps, de façon théâtrale et quasi acrobatique. Quels étaient les enjeux de la mise en scène ?


J’ai travaillé avec Matthieu Gary, qui est circassien. Nous nous entendons bien sur la construction des spectacles. Au-delà de l’édition dramaturgique, il m’a aidée au dosage, entre la gaucherie, qui peut provoquer du malaise dans le public, et l’aisance, qui peut imposer une posture de supériorité vis-à-vis du spectateur. D’ailleurs, c’est moi qui l’aide actuellement à l’écriture de son spectacle, une vraie-fausse conférence sur le mouvement et le salto, qui s’intitule Faire un tour sur soi-même.

 

Dans votre spectacle, il est question d’Aristote, de Victor Hugo, d’Umberto Eco… mais aussi d’Emmanuel Macron, du philosophe Frédéric Lordon et du féminisme. Pourquoi la narratologie est-elle nécessairement politique ?


Parce qu’elle contient, de façon visible ou invisible, une manière d’agencer le monde qui est politique. Ce sont presque toujours les dominants qui sont moteurs de l’histoire. Jusqu’à récemment, les héros sont majoritairement des hommes blancs, tandis que les femmes sont reléguées aux tâches quotidiennes et répétitives. Donc elles disparaissent… Et donc on ne cherche pas à les raconter. Alors qu’elles appellent de nouveaux types de récits… C’est simplement ça que j’essaie de montrer.

 

— Propos recueillis par Igor Hansen-Løve, septembre 2022
 

© Simon Gosselin 

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