SPECTACLES

27 mars
— 29 mars 2018

UNE TRAGÉDIE FLORENTINE

Alexander Zemlinsky / Arthur Nauzyciel

En partenariat avec la Fondation Royaumont et l’Opéra de Rennes

Musique
MAR 27 03 18h00
MER 28 03 18h00
JEU 29 03 18h00

TNB - salle PARIGOT

tarif unique 8€

Billetterie à l’Opéra de Rennes et sur place au TNB le soir même

En contrepoint des représentations du Nain à l’Opéra de Rennes, Arthur Nauzyciel reprend un atelier d'interprétation dramatique et musicale qu’il a mené durant l’été 2016 à La Fondation Royaumont autour d’un autre ouvrage de Zemlinsky, inspiré d’Oscar Wilde : Une Tragédie Florentine.

DE LA TABLE AU PIANO

L’atelier autour d’Une tragédie Florentine d’Alexander Zemlinsky a été dirigé pendant deux semaines par le metteur en scène Arthur Nauzyciel dont l’expérience théâtrale a été mise au service d’une approche singulière de l’opéra : absence de caractérisation de « personnages » – au sens psychologique – et long travail de lecture du livret à la table ; travail réunissant aussi bien les chanteurs que les pianistes, le chef de chant et quatre étudiants de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) de Paris venus observer le processus de création de la pièce.

 

Dès la première lecture, l’accent a été mis sur la nécessité d’ancrer le travail dans les mots du texte plutôt que sur une vision a priori des personnages, ceci afin de créer une situation de départ. Grâce à ces différentes lectures, le rôle de véritable metteur en scène de Simone a rapidement été mis en évidence : maître du jeu, il dirige littéralement Bianca et Guido dans leurs actions et leurs déplacements.

 

Dans la réalité de la salle du Grand comble de Royaumont, une fiction se met alors en place, où chaque parole, chaque action devient une proposition de jeu pour les partenaires. La valeur performative des mots atteint ainsi son paroxysme : ce qui est énoncé existe de fait, qu’il s’agisse d’un instrument de musique, d’une draperie ou d’un sentiment.
Depuis le réel, les trois protagonistes du drame glissent vers la fiction. Pas de sous-entendus ni de faux-semblants, tout est à vue, loin du monde des cachoteries et des petits secrets que le thème du mari trompé pourrait laisser envisager : l’issue fatale du jeu est connue dès l’entrée en scène de Simone, et nul n’en est dupe. Les rôles qu’ils s’attribuent se dessinent au fur et à mesure, et les propositions de chacun s’ajoutent peu à peu, par palier, crescendo jusqu’à l’apothéose finale vers laquelle ils se sont engagés de conserve. Afin que cette clarté sur les intentions, les adresses et les objectifs de chacun, y compris des musiciens qui occupent le centre du plateau, s’intègre dans la voix chantée, les allers-retours entre le travail à la table et la musique ont ponctué ces deux semaines. C’est cette situation, à mi-chemin entre processus et représentation, qui est restituée aujourd’hui.

 

UNE TRAGÉDIE FLORENTINE
Pendant ses années pragoises, Zemlinsky demande au compositeur Franz Schreker de lui écrire « une tragédie de l’homme laid », et s’intéresse alors de près à La Peau de chagrin de Balzac. Ce sont cependant deux nouvelles de Wilde qui lui inspirèrent l’écriture des deux seuls opéras qu’il compose à cette période : Une tragédie florentine en 1917 et, plus tard en 1922, Le Nain.

 

L’univers wildien façonnant un monde au parfum enivrant et morbide, dans lesquels se noue des intrigues décadentes à l’ironie dramatique se confond parfaitement avec les obsessions d’un empire austro-hongrois alors en pleine décadence. La nouvelle de Wilde, originellement écrite en 1894, mais publiée à titre posthume en 1906, puis parue en 1907 dans sa traduction allemande, connaît en effet un succès retentissant. Zemlinsky, à la recherche d’un livret, décide de s’en inspirer pour la composition de son opéra Une tragédie florentine.

 

Il est particulièrement enthousiasmé par la forme en un acte de la pièce qui lui offre la possibilité de recourir à une écriture extrêmement concentrée qu’il affectionne depuis ses premières créations. Modifiant peu le texte de Wilde, il écrit son opéra en seulement neuf semaines et finalise l’orchestration en sept semaines supplémentaires. À la suite d’un contretemps juridique sur les droits de traduction, la première représentation n’a lieu que le 30 janvier 1917 à Stuttgart, suivie par la première pragoise le 4 mars. L’opéra reçoit un accueil réservé du public et de la critique malgré les compliments de ses pairs et amis, dont Schönberg, qui qualifie Une tragédie florentine « d’œuvre magnifique ». Après cinq représentations, l’opéra ne fut pas reconduit.

TNB - salle PARIGOT

tarif unique 8€

Billetterie à l’Opéra de Rennes et sur place au TNB le soir même

DANIEL WITTE 
Guido Bardi, Prince de Florence - Ténor

TIM STOLTE
Simone, un marchand - Baryton

ANALIA TÉLÉGA / SOUMAYA HALLAK 
Bianca, sa femme - Sopranos

FLORENT MOURIER / SARAH RISTORCELLI 
Pianistes

RAPHAËL HABERBERG 
Assistant à la mise en scène

 

En partenariat avec la Fondation Royaumont et l’Opéra de Rennes