20 jan
— 23 jan 2018

MIKIO NARUSE

HOMMAGE EN 5 FILMS

Samedi 20 janvier

21:00 Cinéma du TNB

Lundi 22 janvier

14:00 Cinéma du TNB

Mardi 23 janvier

14:00 Cinéma du TNB

Cinq films majeurs, en hommage à Mikio Naruse, l'un des réalisateurs les plus importants du cinéma japonais : la rareté de son oeuvre sur nos écrans occidentaux nous invite à nous réjouir de la possibilité aujourd’hui offerte de s’en approcher.

Mikio Naruse a fait 89 films, de 1930 à 1967.
Son cinéma est marqué par une économie d’effet, et néanmoins une grande efficacité dramatique. Donnant peu d’instructions à ses comédiens, faisant très peu de commentaires, laissant tourner la caméra, l’essentiel de son travail se faisait au montage, où, par des inserts ou des coupes, il corrigeait et arrangeait les séquences à sa convenance. Il était capable d’estimer la longueur d’un plan grâce à la longueur de la bobine et créait ainsi le rythme d’une scène.
Mais la connaissance d’un seul de ces films a suffi pour qu’on reconnaisse en lui un immense cinéaste, le troisième génie japonais, avec Mizoguchi et Ozu. Il est également une référence majeure pour des réalisateurs tels que Hou Hsiao-hsien. Naruse est d’abord un cinéaste réaliste qui inscrit toujours ses chroniques et ses personnages dans une quotidienneté étouffante. Il peint un univers cloisonné, empoisonné par l’omniprésence des rapports d’argent, et dont toute tentative de mise en branle paraît vouée soit à l’échec, soit à un destin très incertain. Non réconciliée mais pas sauvée pour autant, l’héroïne de L’Éclair raccompagne sa vieille mère et se perd dans une nuit suspendue, riche de promesses et de dangers. Comme la femme humiliée et secrètement amoureuse de son beau-père du Grondement de la montagne (Yama no oto, 1954) se retrouve avec celui-ci face à une vaste étendue plane et déserte, avec ce qui lui reste d’avenir à inventer. Si Naruse est si grand, c’est qu’il ne cède jamais au pathos ostentatoire ni aux effets de style. Poète de la grande illusion entre mouvement et immobilisme, fermeture et libération, il ordonne sa mise en scène autour de la répétition des mêmes gestes et des trajets de ses personnages. Afin d’indiquer avec une discrétion souveraine le contraste entre les aspirations contrariées de ses personnages féminins et la terrifiante immuabilité de l’ordre des choses. Mikio Naruse n’avait finalement qu’un seul sujet, le plus difficile qui soit : le frémissement.
Cinq œuvres de Mikio Naruse sont présentées au cinéma du TNB dans de splendides copies remastérisées en numérique.