CINÉMA

IBRAHIM

DE SAMIR GUESMI

FRANCE

2020

1H19

VF

DRAME

Multiprimé au Festival du film francophone d'Angoulême 2020 : Valois du scénario, Valois de la musique, Valois de la mise en scène, Valois de Diamant.

→ Film présenté en avant-première au Cinéma du TNB le 17 JUIN 2021

Depuis 1987, année où il débute au cinéma dans Jaune revolver d’Olivier Langlois, Samir Guesmi n'a cessé de jouer sur scène et au cinéma. Il s’illustre notamment au théâtre dans des mises en scène telles que Une nuit arabe de Roland Schimmelpfennig, La Ronde d’Arthur Schnitzler ou encore Perplexe de Marius von Mayenburg. Côté grand écran, ses rôles l'amènent aussi bien dans des films grand public que dans le cinéma d’auteur. Il poursuit depuis les collaborations avec des grand·e·s auteur·rices (Nicole Garcia, Claude Miller, Julie Bertuccelli, Rachid Bouchareb,  Bruno Podalydès, Solveig Anspach, Arnaud Desplechin, Alain Gomis, Claire Simon, Michel Leclerc, etc). En 2013, il est nommé au César du Meilleur acteur dans un second rôle avec Camille Redouble de Noémie Lvovsky. C'est en 2007 que Samir Guesmi se lance dans la réalisation avec son 1er court métrage, C'est dimanche ! qui rencontre un succès en festivals. Le film obtient plusieurs récompenses dont le Prix du public au Festival de Clermont-Ferrand. En 2020, il réalise son 1er long métrage, Ibrahim, qui ressort multiprimé de 4 prix au festival du film francophone d'Angoulême.
 

SYNOPSIS


La vie du jeune Ibrahim se partage entre son père, Ahmed, écailler à la brasserie du Royal Opéra, sérieux et réservé, et son ami du lycée technique, Achille, plus âgé que lui et spécialiste des mauvais coups. C’est précisément à cause de l’un d’eux que le rêve d’Ahmed de retrouver une dignité se brise lorsqu’il doit régler la note d’un vol commis par son fils et qui a mal tourné. Les rapports se tendent mais Ibrahim décide alors de prendre tous les risques pour réparer sa faute.
 

LA CRITIQUE DE LÉO


Ibrahim, premier film du comédien Samir Guesmi en tant que réalisateur est sorti le 23 juin au cinéma. Ce film raconte les différentes situations risquées dans lesquelles le jeune étudiant, Ibrahim, se met pour chercher de l’argent pour payer la prothèse dentaire dont son père a besoin. Ce qui va compliquer les rapports entre Ibrahim et son père.

Le contexte dans lequel vit Ibrahim est montré comme difficile sans pourtant le rendre misérabiliste et en lui laissant des moments paisibles de vie, où il profite comme « tout le monde ». L’humour, au début du film place une atmosphère tranquille par rapport à la deuxième partie qui tire plus vers le drame après l’arrivée des premiers éléments perturbateurs. C’est une des forces du film, tout comme la subtilité avec laquelle les messages sociaux sont exposés et la liberté de leur interprétation pour les spectateurs·rices. Dans la deuxième partie du film qui penche plus vers le drame, la tension qui s’installe permet au spectateur·rice de s’impliquer dans l’histoire, sans pour autant qu’elle soit oppressante.

Quant au jeu des comédiens, il fait très mesuré, il transmet des émotions, des avis et des caractères sans jamais être dans l’excès. De plus, les « dialogues muets » entre Ibrahim et son père donnent une réelle impression qu’ils se connaissent tout en étant inconnus l’un pour l’autre. Tout cela, est soutenu par des personnages très peu manichéens, ce qui les rend d’autant plus réalistes. Un réalisme renforcé par des plans de caméra dans les yeux d’Ibrahim, qui donnent l’impression de le suivre dans sa vie. De même, les plans de caméra en espaces clos procurent une sensation d’enfermement sans rendre les actions des personnages illisibles.

Toutefois, l’histoire fait parfois un peu « quotidien de vie », ce qui ne m’a pas dérangé mais peut déplaire à certain·es.

Réalisation

Samir Guesmi

Avec

Abdel Bendaher, Samir Guesmi, Luàna Bajrami