CINÉMA

"L'INSULTE" AVEC ZIAD DOUEIRI

CINÉMA & PSYCHANALYSE #2

Rencontre

FRANCE / LIBAN / CHYPRE / BELGIQUE / ALLEMAGNE

2018

1H49

VOSTF

"Cinéma & psychanalyse" est un cycle proposé par l'Association de la Cause Freudienne (ACF), qui propose d'explorer le cinéma à travers l'œil de la psychanalyse.

 

→ Projection du film L'Insulte de Ziad Doueiri, suivie d'une rencontre avec le réalisateur (Coupe Volpi du Meilleur Acteur pour Kamel El Basha à la Mostra de Venise 2017)

Pour la saison 2019/2020, le cycle s'oriente sur le traitement du politique au cinéma, un cinéma qui nous éclaire sur les vicissitudes du monde contemporain, tout en ne négligeant pas l'intime. Travelling sur les thèmes : la mémoire, l'oubli, l'immigration, l'étranger, l'exil, les langues.

Né à Beyrouth en 1963, Ziad Doueiri grandit pendant la guerre civile. Il quitte le Liban à 20 ans pour aller étudier le cinéma aux États-Unis. En 1998, il réalise son premier long-métrage, West Beyrouth, mondialement récompensé. Suivront Lila dit ça, L'Attentat et L'Insulte.

SYNOPSIS


À Beyrouth, de nos jours, une insulte qui dégénère conduit Toni (chrétien libanais) et Yasser (réfugié palestinien) devant les tribunaux. De blessures secrètes en révélations, l'affrontement des avocats porte le Liban au bord de l'explosion sociale mais oblige ces 2 hommes à se regarder en face.

 

3 QUESTIONS À ZIAD DOUEIRI - par l'Association de la Cause Freudienne


Cinéma & Psychanalyse : Pouvez-vous nous dire ce qui a été à l'origine de votre film ?

Ziad Doueiri : Un incident qui m’est arrivé à Beyrouth il y a quelques années, très semblable à l’incident dans le film : une altercation suivie d’une insulte entre le protagoniste et le plombier.

C & P : Les dialogues dans le huis-clos du tribunal sont denses et ciselés. Comment les avez-vous travaillés ? 

Z.D : Je prenais des notes en imaginant ce que les scènes de tribunal pourraient être. Jai regardé plein de film de tribunal pendant ce temps, pour voir comment les scènes de dialogues sont construites. Jai vu Le Verdict et 12 hommes en colère de Sydney Lumet, Kramer contre Kramer de Robert Benton, et le grand classique Jugement à Nuremberg de Stanley Kramer. Et plein d’autres films. Ensuite, j’ai demandé à ma mère qui est avocate de voir ce qui est crédible et ce qui n’est pas.

C & P : L’affect de haine est présent dans le film  ─ images d’archives, regards, propos ─ à travers l’histoire du Proche Orient, mais aussi comme intime à tout être humain. Freud pense qu'en l'homme agit une "pulsion de haine et d'extermination qui répond à une [telle] folie prédatrice"(1) Qu’en diriez-vous ?

Z. D. : La haine et le Moyen orient sont symbiotiques. Il n’y a pas de haine sans Moyen Orient et pas de Moyen Orient sans haine. C’est cette région qui a créé le principe de la haine, la foi et la divinité et plein d’autres choses. La haine en soi-même est un dynamisme très fort, profond, inspirant. La haine crée plus que l’amour, mais ça c’est mon avis à moi. Mais c’est une question beaucoup plus personnelle pour moi. Juste avant que je commence l’écriture, mon film précédent, L’Attentat, a été censuré au Moyen Orient par des mouvements pro-palestiniens, comme le BDS. Conséquemment, le film n’est pas sorti dans les salles dans tout le monde Arabe. J’ai décidé de m’attaquer à ceux qui ont agi de cette manière injuste, c’est la genèse du film.

 


(1)FREUD S., Résultats, idées, problèmes, tome II, PUF, p.209

 

Réalisation

Ziad Doueiri

Avec

Adel Karam, Kamel El Basha, Diamand Abou Abboud