CINÉMA

"AU NOM DU PEUPLE ITALIEN" DE DINO RISI

CYCLE DINO RISI

ITALIE 

1971

1H43

VOSTF

COMÉDIE

Ce film vous est présenté dans le cadre d'un cycle consacré à Dino Risi, en 3 films.

 

"Le personnage joué par Gassman dans Le Fanfaron : un italien pourri, arriviste, vendeur de fumée, symbole de l’Italie corrompue, de son clientélisme, de ses pots de vin… Ce personnage à la vitalité insupportable se retrouve dans certains de  mes autres films. Dans Au nom du peuple italien, le personnage a fait carrière : vivant à côté des puissants, il est devenu promoteur, corrupteur, et il est étroitement mêlé aux scandales des terrains à bâtir. Au nom du peuple italien est un film  politique. Cinéma politique n’implique pas forcément que les protagonistes soient des ouvriers et des politiciens. On a fait tant de films ennuyeux en partant de ce principe. Est politique tout film qui représente et explore un secteur, un moment  de la société. Il me semble que toute une période de l’histoire italienne est représentée à travers mes films (Le Fanfaron, Une vie difficile, Rapt à l’italienne et Au nom du peuple italien). Au nom du peuple italien devait s’intituler initialement «face à face» et le film devait être très simple, fait de gros plans : le heurt entre 2 visages de la société italienne, le corrupteur (Gassman) et l’homme de loi (Tognazzi) qui veut faire respecter la justice. Quelques temps plus tard, il s’est passé un fait à peu près analogue en France : un juge eut en mains les preuves (du moins le croyait-il) d’un crime commis par un homme important. Cet homme était en fait innocent, mais le juge le condamna quand même, le retenant coupable de délits encore plus graves, ce qui était vrai. Le film n’a pas été compris à sa sortie parce que, selon les critiques, il était gâté par une certaine légèreté qui le rendait suspect. À leur avis, ce genre de film devrait être réalisé en fronçant les yeux, de façon très sérieuse. On n’a pas le droit de plaisanter ! Ces gens-là oublient que la vie courante est souvent une farce tragique, mais une farce quand même ! Les événements italiens comportent toujours un mélange de comédie et de tragédie. Lorsque Monicelli a fait Nous voulons les colonels, film splendide à mon avis, il s’est limité à raconter la réalité italienne, il l’a photographiée telle qu’elle était, sans vouloir expressément faire rire : elle faisait rire d’elle-même. "

Entretien avec Dino Risi — Le Cinéma italien parle — Aldo Tassone - Edilig

SYNOPSIS


Le juge Bonifazi est un magistrat honnête, qui a une conception très personnelle de la justice : il lutte contre tout ce qui pervertit la société, la corruption et la spéculation. En enquêtant sur la mort d’une jeune fille, Silvana Lazzarini, il est amené à interroger Santenicito, un riche industriel corrompu qui semble lié à cette disparition. 

Réalisation 

Dino Risi

Avec 

Vittorio Gassman, Ugo Tognazzi, Yvonne Furneaux