Ven 12 jan 2018 19h00

Autodéfense contre les images

Patrick Boucheron

« ​Nous sommes cernés par les images. Elles nous assiègent, nous inquiètent, nous dominent. Comment repousser leur emprise, desserrer leur étreinte, apprendre à ne pas trop se laisser gouverner par elles ? »

#4
VEN 12 01 19h00

TNB salle Parigot
Durée 1h30

Entrée libre 
sur réservation 
au 02 99 31 12 31

Auteur de Conjurer la peur (Seuil, 2013) et directeur de la récente Histoire mondiale de la France (Seuil, 2017), l’historien, spécialiste du Moyen Âge et de la Renaissance italienne, et professeur au Collège de France, propose un atelier pour interroger la force politique des images. L’histoire des images devient alors discipline de l’émancipation.
Nous sommes cernés par les images. Elles nous assiègent, nous inquiètent, nous dominent. Comment repousser leur emprise, desserrer leur étreinte, apprendre à ne pas trop se laisser gouverner par elles? Et l’histoire peut-elle être de quelque recours dans cette lutte d’émancipation ? Sur ce point, les plus jeunes en savent sans doute plus long que nous. C’est un atelier : que les uns y apportent les images qui le hantent, le blessent ou l’accablent. Que les autres viennent avec les parades qu’ils se sont inventées contre elles. Ensemble, nous tenterons d’inventer les gestes qui sauvent.


Patrick Boucheron propose cette rencontre discussion, ouverte à tous, sous forme d'atelier participatif : ceux qui le souhaitent peuvent apporter, le jour-même, une / des image(s) sur papier ou sur clé USB en format numérique (JPEG, TIFF…). 

 

Rencontrer l’histoire

« Ce qu’on associe en général à notre hypermodernité est la prolifération des images qui nous environnent, leur immédiateté, et le fait qu’elles aplatissent le monde. Parce qu’on peut voir sur tous les écrans d’iPhone du monde les mêmes icônes. Tiens, encore un mot médiéval. Voici pourquoi les médiévistes ne sont pas si dépaysés que cela dans le présent, y voyant même par transparence une étrange familiarité. (…) Les images sont tout le contraire de ce qu’elles nous donnent à voir lorsqu’elles se font passer pour du visuel. Je reprends ici la distinction entre l’image et le visuel qui avait été posée par Serge Daney, grand théoricien et critique du cinéma : le visuel est l’image qui n’a pas de hors-champ ; plate et vide, elle veut nous faire croire qu’elle vit dans un éternel présent. Or, il y a un feuilleté des images, qui forment du passé accumulé. Les images viennent de très loin, à notre rencontre. Être devant les images, comme ne cesse de l’écrire Georges Didi-Huberman, c’est être devant le temps, c’est éprouver ce que c’est, pour le temps, de passer. (…) Lorsque nous regardons une image du temps présent, lorsque nous croyons être face à face avec l’aujourd’hui, nous voyons en transparence tout un passé qui revient. C’est pour cela qu’on ne perd pas trop son temps, me semble-t-il, quand on est historien des choses anciennes. On ne s’éloigne pas du présent, on lui restitue sa profondeur. Et en lui restituant sa profondeur, on travaille à n’en être pas dupe. On travaille à ne pas se laisser dominer par lui. »

– Extrait d’un entretien avec Jérôme Skalski, L’Humanité, 15 décembre 2017.

 

 

 

 

TNB salle Parigot
Durée 1h30

Entrée libre 
sur réservation 
au 02 99 31 12 31

Avec
PATRICK BOUCHERON