Le Magazine du TNB Image retour sur la une

JOURNAL DE CRÉATION "TROIS HOMMES VERTES"

ENTRETIEN AVEC VALÉRIE MRÉJEN

Publié le 05/11/2020

— MARS ATTACKS ! —

Interview réalisée pour le supplément des Inrocks consacré au Festival TNB, avec l'artiste, plasticienne et artiste associée au TNB, Valérie Mréjen, à propos de la recréation de Trois hommes vertes, initialement programmée au TNB en novembre 2020. Un spectacle jeune public créé en 2014, dans lequel 3 Martiens font irruption dans la chambre d’un enfant endormi.  

Jusqu’à la création de Trois hommes vertes, vous étiez vidéaste, photographe et romancière. D’où est venue l’envie de créer  un spectacle vivant ?

Valérie Mréjen — C’est Pascal Rambert qui me l’a proposé en 2014. Il dirigeait alors le T2G à Gennevilliers. J’avais réalisé un court documentaire qui lui a plu, intitulé La Peau de l’ours, dans lequel j’interrogeais des enfants sur le sens des expressions usuelles comme “tomber dans les pommes”. Il me savait passionnée depuis toujours par le monde de l’enfance. Alors il a pensé que je serais capable de créer un spectacle jeune public. Tout est parti de son intuition.

« C’est un artisanat étrange, drôle et poétique »

© Gwendal Le Flem

 

Comment l’idée des trois Martiens s’est-elle imposée à vous ?
J’avais envie de mettre en scène le travail des bruiteurs, que j’ai découvert à l’occasion de la postproduction de mes films. J’adore la façon dont ils détournent l’usage de certains objets : comment, par exemple, ils parviennent à créer une tempête dionysiaque avec une râpe à fromage, ou faire entendre le son d’un os qui craque en coupant une carotte en deux… C’est un artisanat étrange, drôle et poétique. Il me fallait donc un ou plusieurs protagonistes ignorant la fonction habituelle de certains objets ; des étrangers absolus en quelque sorte. L’idée des Martiens s’est imposée naturellement. L’enfant qui rêve permet de créer des liens avec mes jeunes spectateurs. La première difficulté fut de trouver des ustensiles familiers des enfants, capables de créer des bruits bizarres et évocateurs.

« Dans la conjugaison martienne, quand les femmes sont majoritaires, le féminin l’emporte. D’où le titre : Trois hommes vertes »

Vous associez généralement le rêve à l’image, mais ici vous avez choisi le bruit…
C’est vrai. Mais vous avez certainement remarqué que, souvent, les sons que l’on entend autour de  nous pendant le sommeil s’intègrent  au rêve. On a d’ailleurs du mal à savoir qui influence quoi. En tout cas, dans  le spectacle, les bruits sont produits en direct et font apparaître des séquences dans le rêve de l’enfant, qui sont projetées sur un écran derrière son lit.

 

Vous avez opté pour un spectacle non narratif et sans parole. Pourquoi ?
Ah si ! Mes personnages parlent… Les Martiens parlent… le martien. Une langue que nous avons inventée. Au passage, d’ailleurs, ils sont trois, et deux d’entre eux sont des femmes. Et, dans la conjugaison martienne, quand les femmes sont majoritaires, le féminin l’emporte. D’où le titre : Trois hommes vertes. Mais oui, vous avez raison, il ne s’agit pas d’un conte classique. J’étais moins intéressée par  le récit que par le langage corporel et burlesque. Jacques Tati, et en particulier Mon oncle, a été une grande influence. C’est très différent de ce que j’avais l’habitude de faire jusqu’ici. En photo et en vidéo, j’aime les plans serrés. Je traque le regard. Je cherche l’intimité. Le plan large qu’impose le spectacle vivant impose d’autres codes.

 

© Gwendal Le Flem

 

Que cherchez-vous à provoquer ?

La question est difficile… La surprise, l’émerveillement. J’adresse aussi des clins d’œil aux parents. Le pique-nique des Martiens, par exemple, évoque Le Déjeuner sur l’herbe de Monet. L’illustration du cauchemar fait référence à Sueurs froides d’Hitchcock. Quant aux enfants, ils rigolent tout le temps. Et c’est génial. Grâce à eux, on sait immédiatement  si la mise en scène fonctionne ou pas. Et apparemment, ça marche. 

 

— Propos recueillis par Igor Hansen-Love,

 supplément des Inrocks consacré au Festival TNB, octobre 2020 

Le Magazine du TNB

— MARS ATTACKS ! —

Interview réalisée pour le supplément des Inrocks consacré au Festival TNB, avec l'artiste, plasticienne et artiste associée au TNB, Valérie Mréjen, à propos de la recréation de Trois hommes vertes, initialement programmée au TNB en novembre 2020. Un spectacle jeune public créé en 2014, dans lequel 3 Martiens font irruption dans la chambre d’un enfant endormi.  

JOURNAL DE CRÉATION "TROIS HOMMES VERTES"

ENTRETIEN AVEC VALÉRIE MRÉJEN

Publié le 05/11/2020

— MARS ATTACKS ! —

Interview réalisée pour le supplément des Inrocks consacré au Festival TNB, avec l'artiste, plasticienne et artiste associée au TNB, Valérie Mréjen, à propos de la recréation de Trois hommes vertes, initialement programmée au TNB en novembre 2020. Un spectacle jeune public créé en 2014, dans lequel 3 Martiens font irruption dans la chambre d’un enfant endormi.  

Jusqu’à la création de Trois hommes vertes, vous étiez vidéaste, photographe et romancière. D’où est venue l’envie de créer  un spectacle vivant ?

Valérie Mréjen — C’est Pascal Rambert qui me l’a proposé en 2014. Il dirigeait alors le T2G à Gennevilliers. J’avais réalisé un court documentaire qui lui a plu, intitulé La Peau de l’ours, dans lequel j’interrogeais des enfants sur le sens des expressions usuelles comme “tomber dans les pommes”. Il me savait passionnée depuis toujours par le monde de l’enfance. Alors il a pensé que je serais capable de créer un spectacle jeune public. Tout est parti de son intuition.

« C’est un artisanat étrange, drôle et poétique »

© Gwendal Le Flem

 

Comment l’idée des trois Martiens s’est-elle imposée à vous ?
J’avais envie de mettre en scène le travail des bruiteurs, que j’ai découvert à l’occasion de la postproduction de mes films. J’adore la façon dont ils détournent l’usage de certains objets : comment, par exemple, ils parviennent à créer une tempête dionysiaque avec une râpe à fromage, ou faire entendre le son d’un os qui craque en coupant une carotte en deux… C’est un artisanat étrange, drôle et poétique. Il me fallait donc un ou plusieurs protagonistes ignorant la fonction habituelle de certains objets ; des étrangers absolus en quelque sorte. L’idée des Martiens s’est imposée naturellement. L’enfant qui rêve permet de créer des liens avec mes jeunes spectateurs. La première difficulté fut de trouver des ustensiles familiers des enfants, capables de créer des bruits bizarres et évocateurs.

« Dans la conjugaison martienne, quand les femmes sont majoritaires, le féminin l’emporte. D’où le titre : Trois hommes vertes »

Vous associez généralement le rêve à l’image, mais ici vous avez choisi le bruit…
C’est vrai. Mais vous avez certainement remarqué que, souvent, les sons que l’on entend autour de  nous pendant le sommeil s’intègrent  au rêve. On a d’ailleurs du mal à savoir qui influence quoi. En tout cas, dans  le spectacle, les bruits sont produits en direct et font apparaître des séquences dans le rêve de l’enfant, qui sont projetées sur un écran derrière son lit.

 

Vous avez opté pour un spectacle non narratif et sans parole. Pourquoi ?
Ah si ! Mes personnages parlent… Les Martiens parlent… le martien. Une langue que nous avons inventée. Au passage, d’ailleurs, ils sont trois, et deux d’entre eux sont des femmes. Et, dans la conjugaison martienne, quand les femmes sont majoritaires, le féminin l’emporte. D’où le titre : Trois hommes vertes. Mais oui, vous avez raison, il ne s’agit pas d’un conte classique. J’étais moins intéressée par  le récit que par le langage corporel et burlesque. Jacques Tati, et en particulier Mon oncle, a été une grande influence. C’est très différent de ce que j’avais l’habitude de faire jusqu’ici. En photo et en vidéo, j’aime les plans serrés. Je traque le regard. Je cherche l’intimité. Le plan large qu’impose le spectacle vivant impose d’autres codes.

 

© Gwendal Le Flem

 

Que cherchez-vous à provoquer ?

La question est difficile… La surprise, l’émerveillement. J’adresse aussi des clins d’œil aux parents. Le pique-nique des Martiens, par exemple, évoque Le Déjeuner sur l’herbe de Monet. L’illustration du cauchemar fait référence à Sueurs froides d’Hitchcock. Quant aux enfants, ils rigolent tout le temps. Et c’est génial. Grâce à eux, on sait immédiatement  si la mise en scène fonctionne ou pas. Et apparemment, ça marche. 

 

— Propos recueillis par Igor Hansen-Love,

 supplément des Inrocks consacré au Festival TNB, octobre 2020 

EN ÉCHO

"TROIS HOMMES VERTES" DE VALÉRIE MRÉJEN

JOURNAL DE CRÉATION

Découvrez ici différentes étapes de la création. Trois hommes vertes est un spectacle jeune public créé en 2014, dans lequel 3 Martiens font irruption...
Lire la suite

VOIR

>

JOURNAL DE CRÉATION "TROIS HOMMES VERTES"

INTERVIEW DE VALÉRIE MRÉJEN

Trois hommes vertes est un spectacle jeune public créé en 2014, dans lequel 3 Martiens font irruption dans la chambre d’un enfant endormi. Ce spectacl...
Voir la video

VOIR

JOURNAL DE CRÉATION "TROIS HOMMES VERTES"

REPORTAGE PHOTO

Découvrez quelques images de l'équipe au travail, mais aussi de la soucoupe installée sur la scène de Trois hommes vertes. Une série photographique...
Lire la suite

VOIR

>

JOURNAL DE CRÉATION "TROIS HOMMES VERTES"

DANS LES COULISSES

3 martien·ne·s débarquent en soucoupe volante dans la chambre d’un enfant endormi. De quoi plonger les yeux ouverts dans un monde enchanté....
Voir la video

Production TNB

>

VALÉRIE MRÉJEN

TROIS HOMMES VERTES

3 extraterrestres atterrissent dans une chambre jonchée de cartons où dort un enfant dont le sommeil est peuplé de rêves. Dans les cartons, des objets...
Lire la suite