Critique réalisée pour le supplément des Inrocks consacré au Festival TNB 2022, à propos de we wear our wheels with pride and slap your streets with color… we said ‘bonjour’ to satan in 1820… de Robyn Orlin, du 22 au 24 novembre.

La chorégraphe sud-africaine Robyn Orlin rend hommage aux conducteurs de rickshaws et au peuple zoulou.


Rien n’échappe à la sagacité d’un regard d’enfant. Née dans l’Afrique du Sud des temps de l’apartheid, Robyn Orlin se souvient qu’elle devait avoir entre 4 et 6 ans quand elle découvrit les conducteurs de rickshaws qui transformaient leur travail de misère – transporter des Blancs dans les rues de Johannesburg – en véritables performances d’artistes. Appartenant au peuple zoulou, ils portaient des coiffes surmontées de longues cornes de vaches et s’habillaient de costumes multicolores. Fascinée, elle les prenait pour des anges. La chorégraphe n’ignore plus aujourd’hui que leur condition était proche de l’esclavage et, pour honorer leur mémoire, elle s’associe avec 6 danseurs de Moving into Dance Mophatong, l’une des premières compagnies non raciales d’Afrique du Sud. Derrière l’exubérance de la forme, les chants et les danses sont un hommage à leur capacité de retrouver une dignité à travers l’expression d’une attitude hors norme.

 

— Critique de Patrick Sourd, septembre 2022

 

© Jérôme Séron

FESTIVAL TNB X LES INROCKS

WE WEAR OUR WHEELS WITH PRIDE AND SLAP YOUR STREETS WITH COLOR... WE SAID “BONJOUR” TO SATAN IN 1820

Publié le 10/12/2022