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À PROPOS DE "FILMS FANTÔMES"

ENTRETIEN AVEC ALBIN DE LA SIMONE

Publié le 07/11/2020

— L'IMAGINAIRE EST SURPUISSANT —

Interview réalisée pour le supplément des Inrocks consacré au Festival TNB, avec le chanteur, musicien et artiste associé au TNB Albin de la Simone, à propos de la création Films Fantômes, initialement programmée au TNB en novembre 2020. Avec Films fantômes, le musicien Albin de la Simone a eu l’idée folle de mettre en musique des longs métrages que l’on ne verra jamais, au fil d’un spectacle minimaliste et d’une exposition factice.

« Dans votre tête, vous projetez des images – des visages, des costumes, des décors –, vous entendez de la musique, vous éprouvez une atmosphère…»

Pourquoi mettre en scène des films qui n’existeront jamais ?

Albin de la Simone —  Pour que vous puissiez les imaginer vous-même ! Vous en avez certainement déjà fait l’expérience : un ami vous raconte un film qu’il a aimé et que vous n’avez pas vu. Dans votre tête, vous projetez des images – des visages, des costumes, des décors –, vous entendez de la musique, vous éprouvez une atmosphère… Mais, si vous décidez un jour d’aller voir le film en question, il y a de grandes chances pour que vous soyez déçus ; vous préfériez votre version, plus personnelle. Eh bien moi, je propose un spectacle où, d’une certaine manière, je me mets à la place de cet ami. Je suis installé, avec cinq musiciens, sur une scène où nous créons la bande-son de neuf films, pendant que deux comédiens racontent l’histoire, de la façon la plus neutre possible. Nous traitons des genres très différents : le blockbuster, le cinéma d’auteur français, le film politique façon Costa-Gavras… C’est rapide, volontairement elliptique. Il ne reste plus qu’à fermer les yeux et à rêver les images.

 

La réalisation d’un film s’apparenterait à une espèce d’échec ?

Non ! Enfin, pas toujours… Il existe des films magnifiques. Mon but n’est pas de prouver que le cinéma est nul mais de montrer en quoi l’imaginaire est surpuissant. Surtout quand il s’associe au cinéma, car les codes artistiques sont très évocateurs.

 

© Gwendal Le Flem

 

Un exemple ?

L’une des histoires met en scène une journaliste, en voiture sur une route de Normandie, revenant de Londres après avoir couvert un concert des Stones. Dans un moment d’absence, elle roule à gauche. Jusqu’à ce qu’arrive, en face, un milliardaire dépressif et ivre mort, roulant à gauche lui aussi. Ces deux personnages vont se croiser, se retrouver et passer une nuit ensemble dans un hôtel. Mais le lendemain, l’homme mettra fin à ses jours en se jetant d’une falaise. De cette aventure, la femme gardera un enfant qui découvrira, bien plus tard, la vérité sur son père et sa conception. C’est raconté en quelques minutes avec une bande-son dramatique ; un peu comme une bande-annonce… Mais avec une fin.

« Mon but n’est pas de prouver que le cinéma est nul mais de montrer en quoi l’imaginaire est surpuissant »

Si chacun imagine ses propres films, peut-on parler d’une expérience collective ?

Oui, car le projet opère en deux temps. Il y a le spectacle, qui se déroule sur scène. Ensuite, je propose aux spectateurs une exposition où l’on montre, un peu comme dans une cinémathèque, toutes les traces – imaginaires donc – qu’ont laissées ces films : des costumes, une affiche, des critiques, une vidéo montrant Karin Viard passant un essai… Et là, les gens se marrent. Films fantômes a été créé il y a dix ans. Je n’ai jamais touché aux films dans la première partie, mais ne cesse de transformer et d’agrandir l’exposition. Au TNB, celle-ci va prendre encore plus d’ampleur, avec de nouveaux décors, costumes, des vidéos inédites… Ça devient assez dingue.

 

— Propos recueillis par Igor Hansen-Love,

 supplément des Inrocks consacré au Festival TNB, octobre 2020 

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ENTRETIEN AVEC ALBIN DE LA SIMONE

— L'IMAGINAIRE EST SURPUISSANT —

Interview réalisée pour le supplément des Inrocks consacré au Festival TNB, avec le chanteur, musicien et artiste associé au TNB Albin de la Simone, à propos de la création Films Fantômes, initialement programmée au TNB en novembre 2020. Avec Films fantômes, le musicien Albin de la Simone a eu l’idée folle de mettre en musique des longs métrages que l’on ne verra jamais, au fil d’un spectacle minimaliste et d’une exposition factice.

À PROPOS DE "FILMS FANTÔMES"

ENTRETIEN AVEC ALBIN DE LA SIMONE

Publié le 07/11/2020

— L'IMAGINAIRE EST SURPUISSANT —

Interview réalisée pour le supplément des Inrocks consacré au Festival TNB, avec le chanteur, musicien et artiste associé au TNB Albin de la Simone, à propos de la création Films Fantômes, initialement programmée au TNB en novembre 2020. Avec Films fantômes, le musicien Albin de la Simone a eu l’idée folle de mettre en musique des longs métrages que l’on ne verra jamais, au fil d’un spectacle minimaliste et d’une exposition factice.

« Dans votre tête, vous projetez des images – des visages, des costumes, des décors –, vous entendez de la musique, vous éprouvez une atmosphère…»

Pourquoi mettre en scène des films qui n’existeront jamais ?

Albin de la Simone —  Pour que vous puissiez les imaginer vous-même ! Vous en avez certainement déjà fait l’expérience : un ami vous raconte un film qu’il a aimé et que vous n’avez pas vu. Dans votre tête, vous projetez des images – des visages, des costumes, des décors –, vous entendez de la musique, vous éprouvez une atmosphère… Mais, si vous décidez un jour d’aller voir le film en question, il y a de grandes chances pour que vous soyez déçus ; vous préfériez votre version, plus personnelle. Eh bien moi, je propose un spectacle où, d’une certaine manière, je me mets à la place de cet ami. Je suis installé, avec cinq musiciens, sur une scène où nous créons la bande-son de neuf films, pendant que deux comédiens racontent l’histoire, de la façon la plus neutre possible. Nous traitons des genres très différents : le blockbuster, le cinéma d’auteur français, le film politique façon Costa-Gavras… C’est rapide, volontairement elliptique. Il ne reste plus qu’à fermer les yeux et à rêver les images.

 

La réalisation d’un film s’apparenterait à une espèce d’échec ?

Non ! Enfin, pas toujours… Il existe des films magnifiques. Mon but n’est pas de prouver que le cinéma est nul mais de montrer en quoi l’imaginaire est surpuissant. Surtout quand il s’associe au cinéma, car les codes artistiques sont très évocateurs.

 

© Gwendal Le Flem

 

Un exemple ?

L’une des histoires met en scène une journaliste, en voiture sur une route de Normandie, revenant de Londres après avoir couvert un concert des Stones. Dans un moment d’absence, elle roule à gauche. Jusqu’à ce qu’arrive, en face, un milliardaire dépressif et ivre mort, roulant à gauche lui aussi. Ces deux personnages vont se croiser, se retrouver et passer une nuit ensemble dans un hôtel. Mais le lendemain, l’homme mettra fin à ses jours en se jetant d’une falaise. De cette aventure, la femme gardera un enfant qui découvrira, bien plus tard, la vérité sur son père et sa conception. C’est raconté en quelques minutes avec une bande-son dramatique ; un peu comme une bande-annonce… Mais avec une fin.

« Mon but n’est pas de prouver que le cinéma est nul mais de montrer en quoi l’imaginaire est surpuissant »

Si chacun imagine ses propres films, peut-on parler d’une expérience collective ?

Oui, car le projet opère en deux temps. Il y a le spectacle, qui se déroule sur scène. Ensuite, je propose aux spectateurs une exposition où l’on montre, un peu comme dans une cinémathèque, toutes les traces – imaginaires donc – qu’ont laissées ces films : des costumes, une affiche, des critiques, une vidéo montrant Karin Viard passant un essai… Et là, les gens se marrent. Films fantômes a été créé il y a dix ans. Je n’ai jamais touché aux films dans la première partie, mais ne cesse de transformer et d’agrandir l’exposition. Au TNB, celle-ci va prendre encore plus d’ampleur, avec de nouveaux décors, costumes, des vidéos inédites… Ça devient assez dingue.

 

— Propos recueillis par Igor Hansen-Love,

 supplément des Inrocks consacré au Festival TNB, octobre 2020 

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