Théâtre National de Bretagne
Direction Arthur Nauzyciel

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À PROPOS DE "L'EMPIRE DES LUMIÈRES"

ENTRETIEN AVEC GASPARD YURKIEVICH

Publié le 20/04/2022

 

L'Empire des lumières d'après le roman de Kim Young-ha et mis en scène par Arthur Nauzyciel est présenté du 27 avril au 10 mai 2022.

Dans le cadre des représentations de L'Empire des lumières, nous avons rencontré Gaspard Yurkievich, styliste et créateur des costumes.

« Arthur a créé une alchimie entre nous. Et cela a été notre première collaboration. »

Depuis quand collaborez-vous avec Arthur Nauzyciel ?
J’ai rencontré Arthur Nauzyciel à travers une amie journaliste dans l’art. Nous avons découvert nos univers artistiques respectifs. J’ai découvert les pièces de théâtre d’Arthur, et Arthur est venu à mes défilés de mode. Lorsqu’il a créé Red Waters (1re version en 2011, puis 2e version en 2022 à l’Opéra de Rennes), il a pensé à moi pour la création des costumes car il y avait un aspect « pop » qui l’intéressait.
Il s’agissait d’un projet très transversal avec des artistes qui venaient de la musique pop, moi qui venait de la mode… Arthur a créé une alchimie entre nous. Et cela a été notre première collaboration.

 

Nous avons également travaillé ensemble sur Les Larmes amères de Petra Von Kant, et sur L’Empire des lumières. Pour L’Empire des lumières, le décor est entièrement gris. J’ai donc décidé de ne pas aller à l’encontre du décor, et de faire une proposition monochromique pour les costumes. Etant donné qu’il s’agit de personnages qui doivent se fondre dans la société, en tant qu’espions, nous avons souhaité qu’ils puissent se fondre dans le décor. Arthur Nauzyciel a également pensé à moi car j’ai beaucoup travaillé avec la Corée. Je connais donc très bien la culture coréenne ainsi que les codes vestimentaires avec lesquels j’ai beaucoup joué. Par exemple, les femmes portent toujours des sacs à main de grandes marques, elles sont très
« preppy » (BCBG). Tout est dans le détail, et les accessoires. Ce sont des costumes très discrets, mais plus on les regarde, plus on découvre leurs nombreux détails. L’ensemble sur scène est très design et plastique.

« Ce qu’il se passe sur scène est très stylisé, et ce qu’il se passe dans le film est plus abstrait, il se passe un vrai dialogue entre les deux. »

À quel moment de la création intervenez-vous ?
Les costumes arrivent à la fin. Beaucoup d’éléments de la scénographie et du décor sont déjà lancés et/ou déterminés, j’arrive à ce moment-là ! Pour moi, il s’agissait donc de répondre au décor qui était entièrement gris. Je savais également qu’il y aurait une projection de films, dont j’ai créé également le stylisme. Ce qu’il se passe sur scène est très stylisé, et ce qu’il se passe dans le film est plus réaliste, il se passe un vrai dialogue entre les deux.

 

 

Comment travaillez-vous avec l’équipe artistique et l’atelier couture du TNB pour la reprise de cette création qui date de 2016 ?
Nous devons retoucher tous les costumes car tout le monde a changé ! Certains ont pris de la masse musculaire, il y a également une reprise de rôle de la comédienne principale. Pour la comédienne, je ne me suis pas inquiété car elles ont la même silhouette. De plus, la robe portefeuille que j’avais créée en 2016 s’adapte parfaitement à différentes morphologies car elle tient au niveau des épaules et se ferme à la taille. L’acteur principal, quant à lui, a pris de la masse musculaire, au niveau des bras, des épaules, et du cou. Le comédien rentrait toujours dans son costume, mais ne pouvait plus bouger dedans. L’atelier couture du TNB a une maitrise et une expertise pour retoucher les costumes, il y a donc un travail très minutieux et technique qui peut s’opérer sur les costumes (sans avoir à les recréer).

 

Avez-vous un costume préféré parmi tous les personnages de la pièce ?
Non, je n’ai pas de pièce préférée, car c’est vraiment une entité que nous avons créée. Je n’ai que des images, des tableaux vivants de groupe, et parfois des illustrations sur scène de ce qu’il se passe dans le film. Les comédien·nes sont en dialogue sur scène, alors que les images du film projeté sont plus abstraites ou conceptuelles, et c’est pourquoi j’adore cette pièce !

 

 

BIOGRAPHIE | Lauréat du festival de Hyères en 1997, Gaspard Yurkievich affirme la force de son identité dès son premier défilé, en 1998. Il met en place un univers à la fois personnel et reconnaissable : celui d’une mode parisienne revisitée avec modernité, tant dans le vêtement que dans le contexte qui lui est associé.


Performances, musique live et design s’invitent sur ses défilés, lieux d’expérimentation artistique privilégiés, collaborant ainsi avec le Crazy Horse, Didier Faustino, Cocorosie, Édouard Levé, la Fondation Cartier, les Spectacles Vivants du Centre Pompidou. Depuis 2009, en parallèle à son activité, Gaspard Yurkievich collabore étroitement avec la maison Van Cleef & Arpels en imaginant des univers et ensembles de robes spécifiquement dévolues aux collections de haute joaillerie. Aujourd’hui, il propose avec son compagnon et collaborateur Guido Voss un nouveau concept de collection : V+Y composé exclusivement de micros collections pour homme et femme, lancées tout au long de l’année sans suivre les saisonnalités classiques de la mode.


Pour Arthur Nauzyciel, il a créé les costumes de L’Empire des lumières, Les Larmes amères de Petra Van Kant, Le Papillon noir et Red Waters.

 

 

 

Le Magazine du TNB

 

L'Empire des lumières d'après le roman de Kim Young-ha et mis en scène par Arthur Nauzyciel est présenté du 27 avril au 10 mai 2022.

À PROPOS DE "L'EMPIRE DES LUMIÈRES"

ENTRETIEN AVEC GASPARD YURKIEVICH

Publié le 20/04/2022

 

L'Empire des lumières d'après le roman de Kim Young-ha et mis en scène par Arthur Nauzyciel est présenté du 27 avril au 10 mai 2022.

Dans le cadre des représentations de L'Empire des lumières, nous avons rencontré Gaspard Yurkievich, styliste et créateur des costumes.

« Arthur a créé une alchimie entre nous. Et cela a été notre première collaboration. »

Depuis quand collaborez-vous avec Arthur Nauzyciel ?
J’ai rencontré Arthur Nauzyciel à travers une amie journaliste dans l’art. Nous avons découvert nos univers artistiques respectifs. J’ai découvert les pièces de théâtre d’Arthur, et Arthur est venu à mes défilés de mode. Lorsqu’il a créé Red Waters (1re version en 2011, puis 2e version en 2022 à l’Opéra de Rennes), il a pensé à moi pour la création des costumes car il y avait un aspect « pop » qui l’intéressait.
Il s’agissait d’un projet très transversal avec des artistes qui venaient de la musique pop, moi qui venait de la mode… Arthur a créé une alchimie entre nous. Et cela a été notre première collaboration.

 

Nous avons également travaillé ensemble sur Les Larmes amères de Petra Von Kant, et sur L’Empire des lumières. Pour L’Empire des lumières, le décor est entièrement gris. J’ai donc décidé de ne pas aller à l’encontre du décor, et de faire une proposition monochromique pour les costumes. Etant donné qu’il s’agit de personnages qui doivent se fondre dans la société, en tant qu’espions, nous avons souhaité qu’ils puissent se fondre dans le décor. Arthur Nauzyciel a également pensé à moi car j’ai beaucoup travaillé avec la Corée. Je connais donc très bien la culture coréenne ainsi que les codes vestimentaires avec lesquels j’ai beaucoup joué. Par exemple, les femmes portent toujours des sacs à main de grandes marques, elles sont très
« preppy » (BCBG). Tout est dans le détail, et les accessoires. Ce sont des costumes très discrets, mais plus on les regarde, plus on découvre leurs nombreux détails. L’ensemble sur scène est très design et plastique.

« Ce qu’il se passe sur scène est très stylisé, et ce qu’il se passe dans le film est plus abstrait, il se passe un vrai dialogue entre les deux. »

À quel moment de la création intervenez-vous ?
Les costumes arrivent à la fin. Beaucoup d’éléments de la scénographie et du décor sont déjà lancés et/ou déterminés, j’arrive à ce moment-là ! Pour moi, il s’agissait donc de répondre au décor qui était entièrement gris. Je savais également qu’il y aurait une projection de films, dont j’ai créé également le stylisme. Ce qu’il se passe sur scène est très stylisé, et ce qu’il se passe dans le film est plus réaliste, il se passe un vrai dialogue entre les deux.

 

 

Comment travaillez-vous avec l’équipe artistique et l’atelier couture du TNB pour la reprise de cette création qui date de 2016 ?
Nous devons retoucher tous les costumes car tout le monde a changé ! Certains ont pris de la masse musculaire, il y a également une reprise de rôle de la comédienne principale. Pour la comédienne, je ne me suis pas inquiété car elles ont la même silhouette. De plus, la robe portefeuille que j’avais créée en 2016 s’adapte parfaitement à différentes morphologies car elle tient au niveau des épaules et se ferme à la taille. L’acteur principal, quant à lui, a pris de la masse musculaire, au niveau des bras, des épaules, et du cou. Le comédien rentrait toujours dans son costume, mais ne pouvait plus bouger dedans. L’atelier couture du TNB a une maitrise et une expertise pour retoucher les costumes, il y a donc un travail très minutieux et technique qui peut s’opérer sur les costumes (sans avoir à les recréer).

 

Avez-vous un costume préféré parmi tous les personnages de la pièce ?
Non, je n’ai pas de pièce préférée, car c’est vraiment une entité que nous avons créée. Je n’ai que des images, des tableaux vivants de groupe, et parfois des illustrations sur scène de ce qu’il se passe dans le film. Les comédien·nes sont en dialogue sur scène, alors que les images du film projeté sont plus abstraites ou conceptuelles, et c’est pourquoi j’adore cette pièce !

 

 

BIOGRAPHIE | Lauréat du festival de Hyères en 1997, Gaspard Yurkievich affirme la force de son identité dès son premier défilé, en 1998. Il met en place un univers à la fois personnel et reconnaissable : celui d’une mode parisienne revisitée avec modernité, tant dans le vêtement que dans le contexte qui lui est associé.


Performances, musique live et design s’invitent sur ses défilés, lieux d’expérimentation artistique privilégiés, collaborant ainsi avec le Crazy Horse, Didier Faustino, Cocorosie, Édouard Levé, la Fondation Cartier, les Spectacles Vivants du Centre Pompidou. Depuis 2009, en parallèle à son activité, Gaspard Yurkievich collabore étroitement avec la maison Van Cleef & Arpels en imaginant des univers et ensembles de robes spécifiquement dévolues aux collections de haute joaillerie. Aujourd’hui, il propose avec son compagnon et collaborateur Guido Voss un nouveau concept de collection : V+Y composé exclusivement de micros collections pour homme et femme, lancées tout au long de l’année sans suivre les saisonnalités classiques de la mode.


Pour Arthur Nauzyciel, il a créé les costumes de L’Empire des lumières, Les Larmes amères de Petra Van Kant, Le Papillon noir et Red Waters.

 

 

 

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