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2021–2022 : SE RETROUVER

ENTRETIEN AVEC ARTHUR NAUZYCIEL

Publié le 27/08/2021

Le 30 octobre 2020, le TNB fermait à nouveau ses portes pour une période de 6 mois. Arthur Nauzyciel, directeur du TNB revient sur cette période et précise ses choix et orientations pour cette nouvelle saison. 

Que s’est-il passé dans les murs du théâtre durant l’année COVID ?

Nous avons poursuivi le travail avec les artistes en création, en résidence, en répétition, qui, des coulisses aux plateaux, ont préparé dans l’ombre leurs futurs spectacles. Nous avons maintenu le lien avec le public en déployant sur notre site Internet de nombreuses propositions. Naissance d’un magazine en ligne, lancement de la série vidéo « Si loin si proche », entretiens avec les artistes, diffusion de captations live, podcasts audio, reportages photos. La « saison fantôme du TNB » a investi la toile, permettant au théâtre d’être là malgré tout et de toucher des personnes de la France entière, vivant loin de Rennes et de la Bretagne. Tout au long de cette période singulière, nous avons été porté·es et touché·es par les centaines de messages de soutien qui nous ont été envoyées.

 

Qu’en a-t-il été de l’attention à la jeunesse ?

Durant la fermeture de l’établissement, la continuité des actions d’éducation artistique et culturelle a été assurée avec 450 heures que les artistes ont vécues avec des jeunes de collèges et lycées. Par ailleurs, l’École du TNB n’a jamais cessé son activité afin de permettre à la promotion 10 de se préparer, après 3 années de formation, à un avenir complexe tout en assurant le concours et les auditions pour le recrutement de la promotion 11 qui fera sa rentrée en septembre 2021. Enfin, nous avons ouvert nos espaces à plus de 150 étudiant·es venu·es travailler dans nos murs pour rompre leur solitude pendant le second confinement.

 

Malgré la fermeture au public, vous avez souhaité maintenir une activité importante. Pourquoi ?

Étant une institution avec mission de service public, nous jouons un rôle important dans une ville, sur un territoire. C’était de notre responsabilité d’engager des actions de solidarité et de les renforcer tout au long de cette crise. Nos espaces vacants ne sont pas restés déserts. Nous les avons mis à la disposition de nombreuses équipes artistiques rennaises, nous avons honoré tous les contrats des spectacles annulés, maintenu une activité permettant l’embauche de nombreuses et nombreux intermittent·es, mais aussi, en partenariat avec l’association DIDA, assuré la continuité de cours de français aux personnes exilées.

 

Que retirez-vous de cette période de fermeture ?

Seule la présence du public donne son sens au travail des artistes, ainsi qu’à celui de l’équipe. Nous en sommes plus que jamais convaincu·es : l’art, la culture composent, avec l’éducation, la recherche et la santé, les organes vitaux de notre vie sociale et politique. La pensée s’élabore collectivement, l’intelligence se partage. Il redevient enfin possible de nous retrouver, nous rassembler. Nous avons un besoin impérieux d’espaces communs pour penser ensemble. Le TNB joue ce rôle.

« Parce que tout nous pousse à rêver moins, à nous rétrécir, à nous replier, nous allons nous élargir. »

Vous avez, au mois de mars, inauguré un second mandat de 3 ans à la direction du TNB. Quel geste fort marquera cette seconde étape ?

J’ai souhaité que 10 autres artistes se joignent à notre aventure. Parce que tout nous pousse à rêver moins, à nous rétrécir, à nous replier, nous allons nous élargir. La famille s’agrandit. Dans ses rangs, 5 compagnies sont basées en Bretagne. Avec l’association de ces 28 artistes au total, le TNB milite, plus que jamais, pour une création généreuse et éclectique.

 

Pourquoi initier le lancement d’une CARTE TNB ?

L’abonnement évolue et devient la CARTE TNB. Au-delà de l’offre tarifaire renouvelée et de sa simplicité, cette carte est un lien entre le public et nous. Un accès facilité à tout ce qui fait que le TNB est aussi un lieu de vie et de ressources. Être spectateur·rice, c’est jouer un rôle actif dans le processus artistique, c’est un engagement à nos côtés et auprès d’artistes avec lesquel·les se nouent des liens qui vont au-delà de la simple représentation. Ces liens nous unissent et font l’histoire du TNB depuis la Comédie de l’Ouest jusqu’à aujourd’hui.

« Rien ne remplace la magie de la rencontre entre la scène et la salle, que seuls le rituel et l’espace du théâtre permettent.»

Quelle est la ligne générale de cette saison 2021-2022 ?

Nous souhaitons qu’elle soit celle des retrouvailles et de la réparation. Ce n’est pas un hasard si le spectacle d’ouverture s’appelle Love. La saison témoignera de la richesse esthétique des scènes et du monde. Elle dira la société telle qu’elle va mais elle rêvera aussi. Nous avons parfois besoin de nous échapper du réel. Ici, d’autres vies s’inventeront à plusieurs. Les acteur·rices en seront les témoins : Adama Diop, Valérie Dréville, Marie-Sophie Ferdane, Xavier Gallais, Pascal Greggory, Adèle Haenel, Émilie Incerti Formentini, Micha Lescot, Frédéric Pierrot, Laurent Poitrenaux, Dominique Reymond, Christèle Tual, Ruth Vega Fernandez, Olivier Saladin, Moon So-ri, entre autres.

Nous menons des actions sur le territoire, des expériences hors les murs mais le théâtre se fait dans les théâtres. Rien ne remplace la magie de la rencontre entre la scène et la salle, que seuls le rituel et l’espace du théâtre permettent. Peu de lieux aujourd’hui autorisent cela : un endroit qui réunit, accessible à tous et toutes, qui allie pensée et imaginaire. Sans le public, sa fidélité, son exigence et sa curiosité, rien de tout cela ne serait possible.

 

— Arthur Nauzyciel

Le Magazine du TNB

Le 30 octobre 2020, le TNB fermait à nouveau ses portes pour une période de 6 mois. Arthur Nauzyciel, directeur du TNB revient sur cette période et précise ses choix et orientations pour cette nouvelle saison. 

2021–2022 : SE RETROUVER

ENTRETIEN AVEC ARTHUR NAUZYCIEL

Publié le 27/08/2021

Le 30 octobre 2020, le TNB fermait à nouveau ses portes pour une période de 6 mois. Arthur Nauzyciel, directeur du TNB revient sur cette période et précise ses choix et orientations pour cette nouvelle saison. 

Que s’est-il passé dans les murs du théâtre durant l’année COVID ?

Nous avons poursuivi le travail avec les artistes en création, en résidence, en répétition, qui, des coulisses aux plateaux, ont préparé dans l’ombre leurs futurs spectacles. Nous avons maintenu le lien avec le public en déployant sur notre site Internet de nombreuses propositions. Naissance d’un magazine en ligne, lancement de la série vidéo « Si loin si proche », entretiens avec les artistes, diffusion de captations live, podcasts audio, reportages photos. La « saison fantôme du TNB » a investi la toile, permettant au théâtre d’être là malgré tout et de toucher des personnes de la France entière, vivant loin de Rennes et de la Bretagne. Tout au long de cette période singulière, nous avons été porté·es et touché·es par les centaines de messages de soutien qui nous ont été envoyées.

 

Qu’en a-t-il été de l’attention à la jeunesse ?

Durant la fermeture de l’établissement, la continuité des actions d’éducation artistique et culturelle a été assurée avec 450 heures que les artistes ont vécues avec des jeunes de collèges et lycées. Par ailleurs, l’École du TNB n’a jamais cessé son activité afin de permettre à la promotion 10 de se préparer, après 3 années de formation, à un avenir complexe tout en assurant le concours et les auditions pour le recrutement de la promotion 11 qui fera sa rentrée en septembre 2021. Enfin, nous avons ouvert nos espaces à plus de 150 étudiant·es venu·es travailler dans nos murs pour rompre leur solitude pendant le second confinement.

 

Malgré la fermeture au public, vous avez souhaité maintenir une activité importante. Pourquoi ?

Étant une institution avec mission de service public, nous jouons un rôle important dans une ville, sur un territoire. C’était de notre responsabilité d’engager des actions de solidarité et de les renforcer tout au long de cette crise. Nos espaces vacants ne sont pas restés déserts. Nous les avons mis à la disposition de nombreuses équipes artistiques rennaises, nous avons honoré tous les contrats des spectacles annulés, maintenu une activité permettant l’embauche de nombreuses et nombreux intermittent·es, mais aussi, en partenariat avec l’association DIDA, assuré la continuité de cours de français aux personnes exilées.

 

Que retirez-vous de cette période de fermeture ?

Seule la présence du public donne son sens au travail des artistes, ainsi qu’à celui de l’équipe. Nous en sommes plus que jamais convaincu·es : l’art, la culture composent, avec l’éducation, la recherche et la santé, les organes vitaux de notre vie sociale et politique. La pensée s’élabore collectivement, l’intelligence se partage. Il redevient enfin possible de nous retrouver, nous rassembler. Nous avons un besoin impérieux d’espaces communs pour penser ensemble. Le TNB joue ce rôle.

« Parce que tout nous pousse à rêver moins, à nous rétrécir, à nous replier, nous allons nous élargir. »

Vous avez, au mois de mars, inauguré un second mandat de 3 ans à la direction du TNB. Quel geste fort marquera cette seconde étape ?

J’ai souhaité que 10 autres artistes se joignent à notre aventure. Parce que tout nous pousse à rêver moins, à nous rétrécir, à nous replier, nous allons nous élargir. La famille s’agrandit. Dans ses rangs, 5 compagnies sont basées en Bretagne. Avec l’association de ces 28 artistes au total, le TNB milite, plus que jamais, pour une création généreuse et éclectique.

 

Pourquoi initier le lancement d’une CARTE TNB ?

L’abonnement évolue et devient la CARTE TNB. Au-delà de l’offre tarifaire renouvelée et de sa simplicité, cette carte est un lien entre le public et nous. Un accès facilité à tout ce qui fait que le TNB est aussi un lieu de vie et de ressources. Être spectateur·rice, c’est jouer un rôle actif dans le processus artistique, c’est un engagement à nos côtés et auprès d’artistes avec lesquel·les se nouent des liens qui vont au-delà de la simple représentation. Ces liens nous unissent et font l’histoire du TNB depuis la Comédie de l’Ouest jusqu’à aujourd’hui.

« Rien ne remplace la magie de la rencontre entre la scène et la salle, que seuls le rituel et l’espace du théâtre permettent.»

Quelle est la ligne générale de cette saison 2021-2022 ?

Nous souhaitons qu’elle soit celle des retrouvailles et de la réparation. Ce n’est pas un hasard si le spectacle d’ouverture s’appelle Love. La saison témoignera de la richesse esthétique des scènes et du monde. Elle dira la société telle qu’elle va mais elle rêvera aussi. Nous avons parfois besoin de nous échapper du réel. Ici, d’autres vies s’inventeront à plusieurs. Les acteur·rices en seront les témoins : Adama Diop, Valérie Dréville, Marie-Sophie Ferdane, Xavier Gallais, Pascal Greggory, Adèle Haenel, Émilie Incerti Formentini, Micha Lescot, Frédéric Pierrot, Laurent Poitrenaux, Dominique Reymond, Christèle Tual, Ruth Vega Fernandez, Olivier Saladin, Moon So-ri, entre autres.

Nous menons des actions sur le territoire, des expériences hors les murs mais le théâtre se fait dans les théâtres. Rien ne remplace la magie de la rencontre entre la scène et la salle, que seuls le rituel et l’espace du théâtre permettent. Peu de lieux aujourd’hui autorisent cela : un endroit qui réunit, accessible à tous et toutes, qui allie pensée et imaginaire. Sans le public, sa fidélité, son exigence et sa curiosité, rien de tout cela ne serait possible.

 

— Arthur Nauzyciel

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« Après 6 mois de fermeture, nous pouvons, depuis le mois de mai, vous accueillir à nouveau. Je vous invite à découvrir la saison 2021/2022 du TNB. Un...
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