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À PROPOS DE SA FUTURE CRÉATION

ENTRETIEN AVEC MOHAMED EL KHATIB

Publié le 26/04/2021

À l’origine du projet, une courte vidéo d’une dizaine de minutes. Sur l’écran, les élèves de l’École du TNB. Le film les trouve dans leur cuisine, leur salon, leur couloir, leur terrasse ou leur chambre à coucher. Face caméra. C’est un zoom collectif. Sujet de la conversation collective ? La sexualité de leurs parents. Un matériau que l’auteur et metteur en scène Mohamed El Khatib développe pour porter à la scène un spectacle avec ces jeunes élèves. Et dont le titre provisoire pourrait être : Spectacle de fin d’année. Ou pas.

Comment avez-vous imaginé ce projet ?

 

J’avais demandé aux élèves de se présenter sous forme d’une courte autobiographie à la manière de l’Autoportrait de l’écrivain plasticien Édouard Levé. C’est-à-dire à coup de phrases très courtes, du type « j’ai toujours eu peur du noir », mais en jouant la carte de la sincérité absolue.

Sommes-nous capables d’imaginer la vie intime de nos parents ?

Une des actrices a évoqué la sexualité de ses parents. Flottement total dans l’assistance ! J’observais les réactions interloquées et j’ai compris qu’il y avait là un nœud. Sommes-nous capables d’imaginer la vie intime de nos parents ? Difficile transmission que celle-ci. Cet angle mort m’a bien évidemment alerté. Nous n’imaginons pas nos parents comme des êtres sexués. Cette pensée suscite chez les (grands) enfants que nous sommes un véritable blocage. Nous en avons donc débattu avec les élèves. De fil en aiguille, nous en sommes arrivé·es au point de vue que nous portons sur nos parents, de quoi héritons-nous avec amour et tendresse et que rejetons-nous. Cette pièce (j’en cherche encore le titre) pourrait s’intituler : Les Parents, ou encore L’Héritage, Les Héritiers ou bien L’Heure des parents.

 

Le titre adopté pour l’instant (il reste en suspens), Spectacle de fin d’année, renvoie à cet exercice, obligatoire, des fêtes de fin de scolarité. Lorsque les parents viennent à l’école assister à la représentation où se produit leur progéniture. Ce moment qui précède les vacances et qui est l’ultime rendez-vous avant de couper le cordon.

 

C’est sur cette lancée que toutes et tous se sont aventuré·es pour tenter de retrouver leurs parents à l’âge qui est le leur, soit entre 20 et 27 ans. Ils·elles les ont interrogé·es, ont récolté des versions différentes selon que les récits venaient du père ou de la mère, ont cherché à savoir comment ils·elles s’étaient rencontré·es. Puis ont écrit sur leur vie et la relation qu’ils et elles ont avec leur parentèle. Voici le matériau du spectacle.

 

Comment travaillez-vous ce matériau vous qui, souvent, faites figure de témoin, complice et narrateur sur le plateau ?

 

Je ne serai pas sur la scène. Mais, comme à mon habitude, je pars de ce travail d’enquête nourri de témoignages et d’interviews de première main sur les parents. Je vais agencer et mettre en forme les matériaux, leur donner une unité dans l’écriture. Il n’y a, à priori, pas de fiction qui interfère. À cette réserve près que je n’ai aucune garantie quant à la véracité des textes que me livrent les élèves. Je prends ce qu’ils me disent pour argent comptant. Pour l’instant, tout me paraît crédible. Il se peut néanmoins que certain·es, trop gêné·es d’entrer dans l’intime, fabulent. Mais nous le saurons en temps voulu. Car à la fin de la représentation, j’ai décidé de faire un « fast checking ». Autrement dit une séquence, la dernière, au cours de laquelle les parents viendront sur scène pour confronter les mots de leurs enfants à la réalité. Prendre la parole pour dire si ce qui vient de se dire était vrai ou faux. 

 

Le spectacle ne parlera-t-il que de la sexualité parentale ?

 

Non. Au-delà des récits, j’ai l’envie de travailler sur les générations. Comment s’affranchir d’un héritage qui nous est transmis pour le meilleur et le pire. Comment vivre avec lui. Comment le théâtre permet-il un regard sans concession sur cet héritage. La liberté théâtrale autorise et protège l’expression. Même s’il y a des réticences des élèves qui peuvent se montrer cru·es pendant la préparation, avant de faire volte-face lorsqu’ils réalisent qu’ils se produiront devant leurs parents.

Je ne supporte pas mes parents mais s’ils n’étaient plus là, que ferais-je ?

Nous devons trouver les mots justes qui conserveront aux évocations leur force initiale. Sans que la parole des élèves ne s’apparente à un règlement de compte, ils et elles ont à assumer, aussi, la radicalité de leur regard sur cette génération qui les a mis·es au monde. Ce regard peut être dur, ingrat, moqueur et tendre. Il aboutit toujours à une même réflexion : Je ne supporte pas mes parents mais s’ils n’étaient plus là, que ferais-je ?

 

Constatez-vous une divergence des récits qui ferait écho aux origines sociales ou géographiques des élèves ?

 

C’est très hétérogène et je ne parle pas du carcan religieux, toujours très présent. Il y a l’unité de la jeunesse mais il y aussi cette diversité. L’occasion de comprendre que nous ne sommes pas égaux·ales selon nos singularités familiales. Certains héritages sont plus lourds à porter. Les élèves sont, globalement, tous issu·es de familles traditionnelles. J’ai constaté chez elles·eux une vraie rupture avec la cellule classique, de type patriarcale. D’une certaine façon, ce qu’ils et elles disent, c’est : nous aimons nos parents mais nous ne serons pas comme eux.

 

Aller vers l’intime de ses parents, c’est aussi creuser sa propre intimité. Ce qui peut être déstabilisant. Est-ce le cas ?

 

Oui. À telle enseigne que la majorité a commencé par rejeter ma proposition. J’ai passé beaucoup de temps à négocier. À écouter leurs doutes : est-ce vraiment du théâtre ? Pourquoi exposer mes parents ? Ne suis-je pas en train de les instrumentaliser ? Pourquoi ne pas en passer par des personnages ?

Tant qu’on est dans un rapport d’égalité, le mépris est absent. La dureté est toujours assortie de tendresse.

Ce blocage s’est résolu au fur et à mesure. Tant qu’il y a de l’amour  (et il y en a) la critique est permise. Tant qu’on est dans un rapport d’égalité, le mépris est absent. La dureté est toujours assortie de tendresse. Une fois le blocage dépassé, tous et toutes se sont investi·es. Se sont montré·es d’une grande générosité dans leurs confidence. L’intime, enfin, n’est pas qu’une affaire de quotidien et de vie privée. C’est une zone politique. La société décide de ce qui est intime ou pas. L’intime est une construction sociale.

 

Quelle place ce spectacle prendra-t-il dans la lignée de vos précédents spectacles ?

 

Je ne voulais pas travailler avec des élèves. Je ne souhaitais pas faire un exercice de style où chacun·e aurait son moment. Mais la rencontre a tout changé. À partir du moment où nous nous sommes mis·es en mouvement, ce qui n’était qu’un atelier est devenu un enjeu théâtral. Il fallait partir enquêter, convoquer les parents sur scène, lesquel·les sont autant d’amateur·es en présence, mêler tout le monde sur le plateau, avec, pour texte, un matériau documentaire de première main. Je me suis ainsi retrouvé dans mon élément. Et j’assume ce geste partagé avec des élèves, encore fragiles, pas formaté·es, qui se sont comporté·es comme des ethnologues et pas comme des comédien·nes. Il leur faut batailler entre le fait de parler de leurs parents (donc être des enfants) et faire passer l’expérience au public (donc être pleinement acteurs et actrices).

 

À quoi ressemblera le déroulé scénique ?  

 

Nous sommes en train d’en tisser la trame. Le prologue d’une jeune fille ouvre la représentation  sur le poids des parents, les attentes qu’ils et elles placent dans leurs enfants et le long cheminement pour trouver sa propre voie. Les récits individuels et collectifs s’enchaînent. Très vite, les élèves commencent à jouer ou à imiter leur parents. Nous allons à fond dans cette incarnation, affirmant du même coup un travail très théâtral. Faire surgir les parents, cela renvoie aussi à cette obsession enfantine : regardez-moi, papa et maman, lorsque je joue. L’apparition des pères et mères sera double : par l’incarnation d’une part, et de l’autre, par le truchement de la technique. Elles et ils seront appelé·es par skype ou par téléphone, en direct.

 

Quel plateau pour accueillir cette dramaturgie ?

 

Un film sera diffusé où se fera entendre la parole concernant directement la sexualité des parents. Le plateau sera quasiment vide. À l’exception d’un téléphone et d’un vidéo projecteur (le strict nécessaire), je veux une scène désencombrée de tout. Histoire de faire comprendre aux élèves qu’on peut faire advenir le théâtre avec rien. Juste quelqu’un qui parle et quelqu’un qui écoute.

— Propos recueillis par Joëlle Gayot, avril 2021

Le Magazine du TNB

À l’origine du projet, une courte vidéo d’une dizaine de minutes. Sur l’écran, les élèves de l’École du TNB. Le film les trouve dans leur cuisine, leur salon, leur couloir, leur terrasse ou leur chambre à coucher. Face caméra. C’est un zoom collectif. Sujet de la conversation collective ? La sexualité de leurs parents. Un matériau que l’auteur et metteur en scène Mohamed El Khatib développe pour porter à la scène un spectacle avec ces jeunes élèves. Et dont le titre provisoire pourrait être : Spectacle de fin d’année. Ou pas.

À PROPOS DE SA FUTURE CRÉATION

ENTRETIEN AVEC MOHAMED EL KHATIB

Publié le 26/04/2021

À l’origine du projet, une courte vidéo d’une dizaine de minutes. Sur l’écran, les élèves de l’École du TNB. Le film les trouve dans leur cuisine, leur salon, leur couloir, leur terrasse ou leur chambre à coucher. Face caméra. C’est un zoom collectif. Sujet de la conversation collective ? La sexualité de leurs parents. Un matériau que l’auteur et metteur en scène Mohamed El Khatib développe pour porter à la scène un spectacle avec ces jeunes élèves. Et dont le titre provisoire pourrait être : Spectacle de fin d’année. Ou pas.

Comment avez-vous imaginé ce projet ?

 

J’avais demandé aux élèves de se présenter sous forme d’une courte autobiographie à la manière de l’Autoportrait de l’écrivain plasticien Édouard Levé. C’est-à-dire à coup de phrases très courtes, du type « j’ai toujours eu peur du noir », mais en jouant la carte de la sincérité absolue.

Sommes-nous capables d’imaginer la vie intime de nos parents ?

Une des actrices a évoqué la sexualité de ses parents. Flottement total dans l’assistance ! J’observais les réactions interloquées et j’ai compris qu’il y avait là un nœud. Sommes-nous capables d’imaginer la vie intime de nos parents ? Difficile transmission que celle-ci. Cet angle mort m’a bien évidemment alerté. Nous n’imaginons pas nos parents comme des êtres sexués. Cette pensée suscite chez les (grands) enfants que nous sommes un véritable blocage. Nous en avons donc débattu avec les élèves. De fil en aiguille, nous en sommes arrivé·es au point de vue que nous portons sur nos parents, de quoi héritons-nous avec amour et tendresse et que rejetons-nous. Cette pièce (j’en cherche encore le titre) pourrait s’intituler : Les Parents, ou encore L’Héritage, Les Héritiers ou bien L’Heure des parents.

 

Le titre adopté pour l’instant (il reste en suspens), Spectacle de fin d’année, renvoie à cet exercice, obligatoire, des fêtes de fin de scolarité. Lorsque les parents viennent à l’école assister à la représentation où se produit leur progéniture. Ce moment qui précède les vacances et qui est l’ultime rendez-vous avant de couper le cordon.

 

C’est sur cette lancée que toutes et tous se sont aventuré·es pour tenter de retrouver leurs parents à l’âge qui est le leur, soit entre 20 et 27 ans. Ils·elles les ont interrogé·es, ont récolté des versions différentes selon que les récits venaient du père ou de la mère, ont cherché à savoir comment ils·elles s’étaient rencontré·es. Puis ont écrit sur leur vie et la relation qu’ils et elles ont avec leur parentèle. Voici le matériau du spectacle.

 

Comment travaillez-vous ce matériau vous qui, souvent, faites figure de témoin, complice et narrateur sur le plateau ?

 

Je ne serai pas sur la scène. Mais, comme à mon habitude, je pars de ce travail d’enquête nourri de témoignages et d’interviews de première main sur les parents. Je vais agencer et mettre en forme les matériaux, leur donner une unité dans l’écriture. Il n’y a, à priori, pas de fiction qui interfère. À cette réserve près que je n’ai aucune garantie quant à la véracité des textes que me livrent les élèves. Je prends ce qu’ils me disent pour argent comptant. Pour l’instant, tout me paraît crédible. Il se peut néanmoins que certain·es, trop gêné·es d’entrer dans l’intime, fabulent. Mais nous le saurons en temps voulu. Car à la fin de la représentation, j’ai décidé de faire un « fast checking ». Autrement dit une séquence, la dernière, au cours de laquelle les parents viendront sur scène pour confronter les mots de leurs enfants à la réalité. Prendre la parole pour dire si ce qui vient de se dire était vrai ou faux. 

 

Le spectacle ne parlera-t-il que de la sexualité parentale ?

 

Non. Au-delà des récits, j’ai l’envie de travailler sur les générations. Comment s’affranchir d’un héritage qui nous est transmis pour le meilleur et le pire. Comment vivre avec lui. Comment le théâtre permet-il un regard sans concession sur cet héritage. La liberté théâtrale autorise et protège l’expression. Même s’il y a des réticences des élèves qui peuvent se montrer cru·es pendant la préparation, avant de faire volte-face lorsqu’ils réalisent qu’ils se produiront devant leurs parents.

Je ne supporte pas mes parents mais s’ils n’étaient plus là, que ferais-je ?

Nous devons trouver les mots justes qui conserveront aux évocations leur force initiale. Sans que la parole des élèves ne s’apparente à un règlement de compte, ils et elles ont à assumer, aussi, la radicalité de leur regard sur cette génération qui les a mis·es au monde. Ce regard peut être dur, ingrat, moqueur et tendre. Il aboutit toujours à une même réflexion : Je ne supporte pas mes parents mais s’ils n’étaient plus là, que ferais-je ?

 

Constatez-vous une divergence des récits qui ferait écho aux origines sociales ou géographiques des élèves ?

 

C’est très hétérogène et je ne parle pas du carcan religieux, toujours très présent. Il y a l’unité de la jeunesse mais il y aussi cette diversité. L’occasion de comprendre que nous ne sommes pas égaux·ales selon nos singularités familiales. Certains héritages sont plus lourds à porter. Les élèves sont, globalement, tous issu·es de familles traditionnelles. J’ai constaté chez elles·eux une vraie rupture avec la cellule classique, de type patriarcale. D’une certaine façon, ce qu’ils et elles disent, c’est : nous aimons nos parents mais nous ne serons pas comme eux.

 

Aller vers l’intime de ses parents, c’est aussi creuser sa propre intimité. Ce qui peut être déstabilisant. Est-ce le cas ?

 

Oui. À telle enseigne que la majorité a commencé par rejeter ma proposition. J’ai passé beaucoup de temps à négocier. À écouter leurs doutes : est-ce vraiment du théâtre ? Pourquoi exposer mes parents ? Ne suis-je pas en train de les instrumentaliser ? Pourquoi ne pas en passer par des personnages ?

Tant qu’on est dans un rapport d’égalité, le mépris est absent. La dureté est toujours assortie de tendresse.

Ce blocage s’est résolu au fur et à mesure. Tant qu’il y a de l’amour  (et il y en a) la critique est permise. Tant qu’on est dans un rapport d’égalité, le mépris est absent. La dureté est toujours assortie de tendresse. Une fois le blocage dépassé, tous et toutes se sont investi·es. Se sont montré·es d’une grande générosité dans leurs confidence. L’intime, enfin, n’est pas qu’une affaire de quotidien et de vie privée. C’est une zone politique. La société décide de ce qui est intime ou pas. L’intime est une construction sociale.

 

Quelle place ce spectacle prendra-t-il dans la lignée de vos précédents spectacles ?

 

Je ne voulais pas travailler avec des élèves. Je ne souhaitais pas faire un exercice de style où chacun·e aurait son moment. Mais la rencontre a tout changé. À partir du moment où nous nous sommes mis·es en mouvement, ce qui n’était qu’un atelier est devenu un enjeu théâtral. Il fallait partir enquêter, convoquer les parents sur scène, lesquel·les sont autant d’amateur·es en présence, mêler tout le monde sur le plateau, avec, pour texte, un matériau documentaire de première main. Je me suis ainsi retrouvé dans mon élément. Et j’assume ce geste partagé avec des élèves, encore fragiles, pas formaté·es, qui se sont comporté·es comme des ethnologues et pas comme des comédien·nes. Il leur faut batailler entre le fait de parler de leurs parents (donc être des enfants) et faire passer l’expérience au public (donc être pleinement acteurs et actrices).

 

À quoi ressemblera le déroulé scénique ?  

 

Nous sommes en train d’en tisser la trame. Le prologue d’une jeune fille ouvre la représentation  sur le poids des parents, les attentes qu’ils et elles placent dans leurs enfants et le long cheminement pour trouver sa propre voie. Les récits individuels et collectifs s’enchaînent. Très vite, les élèves commencent à jouer ou à imiter leur parents. Nous allons à fond dans cette incarnation, affirmant du même coup un travail très théâtral. Faire surgir les parents, cela renvoie aussi à cette obsession enfantine : regardez-moi, papa et maman, lorsque je joue. L’apparition des pères et mères sera double : par l’incarnation d’une part, et de l’autre, par le truchement de la technique. Elles et ils seront appelé·es par skype ou par téléphone, en direct.

 

Quel plateau pour accueillir cette dramaturgie ?

 

Un film sera diffusé où se fera entendre la parole concernant directement la sexualité des parents. Le plateau sera quasiment vide. À l’exception d’un téléphone et d’un vidéo projecteur (le strict nécessaire), je veux une scène désencombrée de tout. Histoire de faire comprendre aux élèves qu’on peut faire advenir le théâtre avec rien. Juste quelqu’un qui parle et quelqu’un qui écoute.

— Propos recueillis par Joëlle Gayot, avril 2021

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