JACQUES WEBER

JACQUES WEBER

à propos d'Architecture

Pascal Rambert a écrit votre rôle dans Architecture en s’inspirant de vous, comme il l’a fait pour tous les autres rôles. Qu’en pensez-vous ?

 

Je crois qu’il faut être clair sur ce sujet : on ne peut écrire qu’à partir de l’image que l’on se fait de quelqu’un, et pas à partir de quelqu’un. Ce que je retrouve dans mon rôle, et qui m’est souvent renvoyé, c’est l’image d’un comédien qui exprime une puissance et une fragilité. Pascal Rambert, qui a beaucoup de tendresse pour moi, a creusé cette ligne : je suis une sorte de guépard, comme dans le film du même nom de Visconti, mais un guépard qui s’effondre d’une manière plus visible.

 

Mon personnage, un architecte, est le patriarche écrasant d’une grande famille viennoise, dans la tourmente de la première moitié du XXe siècle. Ce qui me bouleverse chez cet homme, c’est le regret d’amour qu’il exprime quand il se rend compte que lui, un monstre, a créé d’autres types de monstres, ses enfants, et qu’il les aime. Il a vécu comme si tout avait interdit, chez lui et ses enfants, un développement ou un aveu de l’amour.

 

— Extrait de l'article "Jacques Weber à Avignon : « Les plus grands acteurs s’amusent tout le temps »" de Brigitte Salino, publié le 7 juillet 2019 dans Le Monde