

La 16ème édition du Festival Mettre en Scène a eu lieu
Une manifestation revigorante
Mettre en Scène constitue désormais un espace vaste et un temps long pour privilégier l'invention et le questionnement de nouvelles formes, la rencontre et le dialogue, voire la confrontation entre les artistes invités, entre ceux-ci et les professionnels, les medias et les publics, dans un environnement plus que jamais conflictuel.
Sans s'abstraire de l'émotion esthétique, un tel contexte fait advenir de l'écriture, de la langue, du mouvement, de la pensée.
Cette dernière édition a permis de mettre à l'épreuve ces principes avec la présence de 27 spectacles dont 15 coproductions et 10 créations sur les différents sites du festival : Rennes, Rennes Métropole (Bruz, Rennes, Saint-Jacques de la Lande), Quimper, Lannion, Vannes, Brest, Saint-Brieuc, Lorient. Cette fédération de villes de Bretagne, dans un soutien déterminé aux compagnies, a contribué à l'édification d'un festival en faveur de la création contemporaine, qui puisse définir une nouvelle modernité.
De jeunes artistes ont montré des attitudes innovantes, fermes et critiques :
Les plus expérimentés ont bien tenu leur rang, en prenant des risques, pour amener les spectateurs à se déplacer, physiquement et mentalement :
La création en Bretagne a démontré sa vitalité avec :
Des artistes venus du Portugal, de Suisse, de Pologne complétaient cette affiche riche en surprises.
Mettre en Scène est aussi un espace et un temps organisés pour les échanges. Outre les rencontres habituelles, l'hebdomadaire Télérama, le Conseil Régional de Bretagne, Rennes Métropole et le TNB ont proposé Les Rencontres de Rennes-Acte II intitulées cette année Les Etats du Théâtre, une forme pour parler également de l'art et du monde. Six débats aux thèmes bien définis, avec parfois des points de vue tranchés, des échanges tendus, voire houleux. Les artistes et en général tous les membres du secteur culturel attendaient beaucoup du nouveau gouvernement, malgré les crises financières, économiques ou existentielles qui nous assaillent. Les Etats du Théâtre qui ont rassemblé près de 2 300 spectateurs, ont été le reflet d'interrogations, de volonté de réflexions, mais aussi d'une souffrance et d'une révolte…
Le Campement Dromesko, à la ferme du Haut Bois, inaugurait l'Université Foraine, à l'initiative de Patrick Bouchain, Igor et Jean-Pierre Thibaudat, par trois chantiers ouverts au public sur le thème de l'appropriation.
Le public, jeune pour la plupart, mais pas seulement, s'est précipité aux créations, aux accueils ou aux rencontres, venant parfois de très loin.
La fréquentation a progressé de 24 %, passant de 29 000 à près de 36 000 spectateurs faisant de Mettre en Scène, l'un des festivals les plus prisés du moment : 244 professionnels dont 190 directeurs de structures ou responsables de programmation artistique, originaires de 13 pays (dont l'Allemagne, la Belgique, le Cameroun, le Canada, l'Espagne, l'Indonésie, l'Italie, la Lettonie, le Portugal…) et plus de 50 journalistes de différents médias (Le Monde, Libération, Le Figaro, les Inrockuptibles, Télérama, Ouest-France, France 2, France 3, Die Welt…).
Tout festival digne de ce nom est fondé sur un mythe, un concept, une famille d’artistes et une question. Pour Mettre en Scène le mythe c’est l’Abbaye de Thélème, chère à Rabelais, et sa célèbre devise adressée ici aux artistes : Fais ce que voudras. Le concept est la mise en scène qu'il faut explorer en ces temps où l'Empire du communicationnel en fait un ample et discutable usage. La famille d’artistes est facilement identifiable.
La question, quant à elle, est sans doute : qu’est-ce qu’être présent au monde aujourd’hui ?
François Le Pillouër
Mettre en Scène est organisé par le Théâtre National de Bretagne - Centre Européen de Production Théâtrale et Chorégraphique et Centre Dramatique National / Rennes, en collaboration avec le Théâtre de Cornouaille / Scène Nationale de Quimper, le Musée de la danse / CCNRB, le Triangle / Cité de la danse, l’Aire Libre à Saint-Jacques de la Lande, Le Grand Logis à Bruz, Le Carré Magique / Pôle National des arts du cirque en Bretagne à Lannion, le Théâtre Anne de Bretagne à Vannes, le Quartz / Scène Nationale de Brest, la Passerelle / Scène Nationale de Saint-Brieuc, le Théâtre de la Paillette à Rennes, avec la participation du Théâtre de Lorient / Centre Dramatique National, Scène pour la danse.
Avec le soutien du Ministère de la Culture, de la Ville de Rennes, du Conseil Régional de Bretagne, du Conseil Général d’Ille-et-Vilaine, de Rennes Métropole.