Portrait du TNB

LES Centres Dramatiques Nationaux

La mission première d'un Centre Dramtique National est la création théâtrale. Créées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il en existe aujourd'hui une trentaine en France. Mis au service du projet de décentralisation dramatique et de démocratisation culturelle imaginé par Jean Zay, impulsé par Jeanne Laurent puis André Malraux, ils sont les piliers de la politique culturelle hexagonale qui continue de défendre l'idée que l'art, la culture et le théâtre doivent répondre à une mission de service public, c'est-à-dire proposer une offre artistique de qualité et accessible à tous sur l'ensemble du territoire natinal.

La direction des Centres Dramatiques Nationaux (CDN) est confiée à des metteurs en scène afin d'y conduire un projet artistique sur la durée, ancré sur un territoire et partagé avec le public. Centrés sur la création, l'écriture contemporaine, les mises en scène innovantes, les accueils de grands spectacles français et étrangers, l'accompagnement des jeunes créateurs, des compagnies et du public, les CDN sont aujourd'hui uniques au monde et réunissent plus d'un million de spectateurs chaque saison. 

– Arthur Nauzyciel

PARTAGER TRANSMETTRE RENCONTRER

La saison 2017/2018 a été la première d’Arthur Nauzyciel et la mise en place de son nouveau projet pour le TNB, fondé sur le triptyque « Partager, Transmettre, Rencontrer », auquel les 16 artistes et un chercheur associés, par leur présence au TNB ou hors de ses murs, ont donné corps et réalité.

Nous en revoyons la chronologie : un logo et des visages dessinés par M/M (Paris), signes visibles de la nouvelle identité du TNB, apparaissent dans la ville ;  puis Julius Caesar, L’Empire des lumières et Jan Karski (Mon nom est une fiction) permettent de découvrir le parcours de son nouveau directeur, Arthur Nauzyciel. Après l’émotion Godspeed You! Black Emperor avec les Transmusicales, un nouveau festival, le Festival TNB, voit le jour, caisse de résonance de la saison et hybridation joyeuse. La rage débridée d’un Vincent Macaigne avec Je suis un pays ; la reprise de Kindertotenlieder de Gisèle Vienne et sa création Crowd, auscultent notre part d’ombre. La question de l’identité chez Phia Ménard se lit dans les corps-à-corps avec la matière et les éléments. Moments de partage intenses quand les supporters de football du RC Lens, emmenés par Mohamed El Khatib dans Stadium, galvanisent les spectateurs de théâtre. Du jubilatoire Songes et métamorphoses de Guillaume Vincent, au métaphorique Yama de Damien Jalet, de la pop subtile d’Albin de la Simone aux propositions éclectiques de Keren Ann, ou de Xavier Veilhan, des dialogues avec Marie Darrieussecq et Yannick Haenel aux rencontres avec Patrick Boucheron, chacun a ainsi proposé sa propre traversée.

 

Être en phase avec une ville, ce n’est pas en être le reflet docile, plutôt un prisme qui vient réfracter, disperser, sédimenter. C’est Jean-Pierre Baro présent à la fois sur les plateaux du TNB (avec Disgrâce et À vif) mais posant aussi les fondations d’une présence au long cours dans le quartier de Villejean, et dont la pièce Master a été présentée dans des classes, dont le collège Rosa Parks. Moment fort que le Projet Éloquence qui a réuni des jeunes rappeurs et des étudiants en droit, qui ont ensemble rencontré Kery James. Tandis qu’un spectacle de Mohamed El Khatib Finir en beauté a été joué salle Samara dans le quartier du Blosne.

 

Cette nouvelle adresse aux publics n’oublie pas les plus jeunes, invités à investir le théâtre tout entier lors du Printemps du Petit TNB, orchestré par l’artiste Valérie Mréjen. Elle y a présenté le film Quatrième, portrait de jeunes élèves en MFR d’Ille-et-Vilaine (Maisons familiales et rurales) magnifiés par son regard. Il faut aussi évoquer le travail effectué pour rendre plusieurs de nos spectacles accessibles en LSF et audiodescription, dont pour la première fois, un spectacle chorégraphique, ou le cycle d’ateliers de pratiques théâtrales menés avec le Centre Hospitalier Guillaume Régnier.

 

Toutes ces actions, dont l’ambition est bien de se jouer des frontières, cloisonnements et assignations, ne sont pas périphériques au projet développé, mais sont la face immergée de notre engagement et de nos saisons.

Saison 18/19

Cette saison est la seconde de ce nouveau projet. Forte des bases construites ensemble (équipes, publics et artistes), nous continuons à provoquer le dialogue entre les plateaux du TNB, l’École, le Festival et le Cinéma, réunis par un projet artistique commun. 

France, Israël, Égypte, Iran, Rwanda, Cap-Vert, Japon, Islande, Afrique du sud, Russie, Angleterre, États-Unis, Irlande, Bénin, Suisse, cette carte géographique de la saison déplace, grâce à l’ensemble des artistes singuliers qui la composent, nos horizons et nos attendus.

 

La vie de l’École sera marquée par la création du spectacle de sortie de la promotion 9 conduite par Éric Lacascade, Constellations II, et l’arrivée de 20 nouveaux élèves, première promotion du nouveau projet pédagogique imaginé par Arthur Nauzyciel et le comédien Laurent Poitrenaux, en complicité avec l’ensemble des artistes associés.

 

Arthur Nauzyciel ouvrira la saison avec La Dame aux camélias, sa première création au TNB, dont les thèmes trouveront d’autres échos dans la saison : la violence du regard social, la question de la marge, l’oppression faite aux femmes, le corps exploité, soumis, malade, mais aussi l’amour comme utopie, la jeunesse, le souffle de la résistance et de la contestation… Autant de motifs qui tisseront le lien entre les propositions qui constituent la saison (danse, théâtre, cinéma, arts plastiques) et qui traverseront le Festival TNB pendant 3 grands week-ends en novembre.

 

Suivront les premières créations en résidence de ce nouveau projet au TNB : celles d’Albin de la Simone et Valérie Mréjen, de Ludovic Lagarde, de Colin Dunne et Sidi Larbi Cherkaoui, de Jean-Pierre Baro ou encore de Keren Ann avec l’OSB, ainsi que celles de Madeleine Louarn, Éric Vigner, Ahmed El Attar, Amir Reza Koohestani, Philippe Quesne, Christophe Honoré, Phia Ménard, Julien Gosselin, Laetitia Dosch et Chloé Dabert.

 

De Jean Racine, Alexandre Dumas, et Paul Claudel à Jean Genet, Christine Angot ou Marie Darrieussecq, l’écriture, sous toutes ses formes se déploie entre les disciplines.

 

En écho, le Cinéma du TNB proposera des rétrospectives d’Alain Cavalier, Pascal Greggory, Robert Bresson, Rainer Werner Fassbinder, un cycle autour du corps, et des Portraits d’actrices, dont Jeanne Moreau, Ronit Elkabetz, Françoise Fabian, Bulle Ogier, Maria de Medeiros. Et chaque mois, un rendez-vous avec la Cinémathèque française autour du cinéma contestataire.

 

De nouvelles rencontres seront dédiées aux écritures contemporaines, des Hors formats intimistes et inattendus comme ces 10 Conversation entre Mohamed El Khatib et Alain Cavalier, un hommage à Paul Otchakovsky-Laurens, et des duos de lectures et performances qui réunissent Marie Darrieussecq/Laurent Perreau, Pascal Greggory/Patrice Chéreau, Tania de Montaigne/Stéphane Foenkinos, Keren Ann/Jennifer Egan, Arthur Nauzyciel/Pascal Rambert.

 

Nous poursuivrons le cycle imaginé avec Patrick Boucheron, soit 8 soirées pour Rencontrer l’Histoire.

 

Le temps fort du Printemps du TNB, confié à la journaliste et auteure Aurélie Charon, sera dédié à l’adolescence. Car le TNB continue de s’ouvrir aux familles, avec la programmation du Petit TNB (musique pop et classique, danse, théâtre, arts plastiques et cinéma pour les plus jeunes spectateurs) et Théâtre en famille : des ateliers pour les enfants pendant que les parents assistent aux représentations.

 

Au sein d’un TNB transformé par le collectif Urbagone, plus ouvert et accueillant, nous vous invitons à vivre à nos côtés une aventure artistique, collective et singulière. Bienvenue.