Portrait du TNB

Centre Dramatique National

La mission première d’un Centre Dramatique National (CDN) est la création théâtrale.

Créés au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il en existe aujourd’hui 38 en France. Mis au service du projet de décentralisation dramatique et de démocratisation culturelle imaginé par Jean Zay, impulsé par Jeanne Laurent puis André Malraux, ils sont les piliers de la politique culturelle hexagonale qui continue de défendre l’idée que l’art, la culture et le théâtre doivent répondre à une mission de service public, c’est-à-dire proposer une offre artistique de qualité et accessible à tous sur l’ensemble du territoire national.

 

La direction des CDN est confiée à des metteurs en scène afin d’y conduire un projet artistique sur la durée, ancré sur un territoire et partagé avec le public. Centrés sur la création, l’écriture contemporaine, les mises en scène innovantes, les accueils de grands spectacles français et étrangers, l’accompagnement des artistes et du public, les CDN sont aujourd’hui uniques au monde et réunissent plus d’un million de spectateurs chaque saison.

PARTAGER TRANSMETTRE RENCONTRER

Le Théâtre National de Bretagne (TNB) est l’héritier d’une histoire qui remonte à la création du Centre Dramatique de l’Ouest en 1949, qui se trouve ensuite liée à celle de la Maison de la Culture, fondée en 1968. Le TNB voit le jour en 1990, fusion du CDN et de la Maison de la Culture. Le TNB est un CDN singulier : pôle européen de création théâtrale et chorégraphique, il est doté d’une mission élargie à la danse et à la musique, d’un festival, d’un cinéma et d’une École Supérieure d’Art Dramatique. Le TNB accueille plus de 200 000 spectateurs chaque saison. Depuis sa naissance se sont succédés à sa direction : Hubert Gignoux, Georges Goubert, Guy Parigot, Chérif Khaznadar, Dominique Quéhec, Pierre-Jean Valentin, Pierre Debauche, Emmanuel de Véricourt, François Le Pillouër. Depuis 2017, la direction du TNB est confiée au comédien et metteur en scène Arthur Nauzyciel.

 

À son arrivée à la direction du TNB, Arthur Nauzyciel a mis en place un projet fondé sur le triptyque « Partager, Transmettre, Rencontrer », auquel il a voulu associer 16 autres artistes, un chercheur et un acteur. Le projet artistique d’Arthur Nauzyciel pour le TNB décloisonne les disciplines en invitant le spectateur à circuler de l’une à l’autre et raconte la fluidité des expressions artistiques. Le Cinéma y a sa place, faisant partie intégrante de la programmation. Avec l’arrivée de la promotion 10 à l’automne 2018, Arthur Nauzyciel et Laurent Poitrenaux refondent le projet pédagogique de l’École du TNB, à travers une formation de l’acteur pluridisciplinaire et ouverte sur l’international.

Saison 20/21

Cette saison 2020–2021 est à la fois le fruit de contraintes et de bouleversements de calendrier mais aussi de nos envies et de nos désirs : 8 spectacles reportés et de nouvelles propositions artistiques qui ont ouvert de nouveaux chemins. Un sens et un questionnement qui se sont imposés à nous.

Parce que l’art se nourrit d’échanges, d’explorations et de découvertes, le TNB continuera d’occuper ce rôle de creuset artistique au coeur de Rennes. À défendre sur les plateaux un art vivant et ambitieux, à même de réunir dans nos salles une communauté vibrante, multiple et curieuse. Car le théâtre est un des rares lieux aujourd’hui où le collectif et l’individu se fondent pour recréer une communauté humaine qui vient interpréter et penser le monde.

 

La vitalité du TNB repose sur les artistes et la vitalité de la création : cet axe, est au cœur de notre activité. Plus de 20 équipes artistiques seront ainsi accueillies en résidence cette saison, et vous serez les premiers spectateur·rice·s à découvrir leurs créations. Notre mission est de vous donner accès au meilleur de la création contemporaine, française et internationale. Elle s’inscrit dans la fidélité et l’accompagnement de parcours artistiques. Depuis 3 saisons, les artistes breton·ne·s sont ainsi nombreux et nombreuses à être coproduit∙e∙s, accueilli∙e∙s en résidence ou programmé∙e∙s, dans toutes les disciplines. Cette saison, vous retrouverez notamment : Marine Bachelot Nguyen, Pierre-Yves Chapalain, Rodolphe Dana, Alexis Fichet, Pierre Guillois, Erwan Keravec, Madeleine Louarn et Jean-François Auguste, Julien Mellano, Miossec, Chloé Moglia, Dorothée Munyaneza, Lena Paugam, Élise Vigier, Éric Vigner et les artistes du CCNRB. Nous rendrons également hommage au chanteur Yann-Fañch Kemener décédé en mars 2019.

 

À leurs côtés, le TNB accueillera des artistes venant de France, d’Europe, des États-Unis, et d’Afrique. Très impliqué dans la Saison Africa2020 à travers plusieurs créations, le TNB en sera l’un des QG à l’occasion du Printemps du TNB avec un spectacle événement, Incêndios (Incendies) de
Wajdi Mouawad créé au Mozambique par Victor de Oliviera.

 

Le texte, la force de la parole, le rapport à la langue sont de nouveau au cœur de cette saison, avec une très large place à l’écriture contemporaine, à des auteur∙e∙s qui écrivent pour le roman ou le théâtre : Nathalie Azoulai, Marine Bachelot Nguyen, Olivier Cadiot, Pierre-Yves Chapalain, Mohamed El Khatib, Tristan Garcia, Yannick Haenel, Derek Jarman, Elfriede Jelinek, Tania de Montaigne, Wajdi Mouawad, Valérie Mréjen, Pauline Peyrade, Pascal Rambert, Marion Siéfert, Jean-Philippe Toussaint et Éric Vuillard. Pour porter ces textes, vous retrouverez : Audrey Bonnet, Adama Diop, Marie-Sophie Ferdane, Pierre-François Garel, Pascal Greggory, Adèle Haenel, Émilie Incerti Formentini, Thomas Jolly, Helena de Laurens, Stanislas Nordey, Frédéric Pierrot, Denis Podalydès, Laurent Poitrenaux, Pascal Rénéric, Maëlys Ricordeau, Ruth Vega Fernandez et Jutta Johanna Weiss.

 

Le spectacle vivant est éphémère et n’existe que dans la mémoire de ceux et celles qui l’ont vu. C’est ce qui en fait la force et la rareté. Comme chaque saison nous aimons vous donner l’occasion de revoir ou découvrir des spectacles cultes qui ont marqué leur époque et une génération de spectateur∙rice∙s et dont l’émotion continue de nous accompagner : Le Colonel des Zouaves (1997) et Enter Achilles (1995).

 

Personne n’est sorti indemne de ces mois de confinement. Cette situation inédite, dont les répercussions intimes et humaines sont difficiles à appréhender, nous a plongés au cœur de nous-mêmes et de notre rapport au monde. La frontière entre la vie et la mort, notre fragilité, notre questionnement face à l’avenir trouve un écho dans une saison qui tisse un dialogue avec nos fantômes ou nos vies passées, entre le présent et la science-fiction, entre le paranormal et le monde visible : 3 annonciations, Mes frères, « Put your heart under your feet… and walk ! », Le Papillon Noir, La Septième, La Disparition du paysage

 

Également dans le prolongement de ce que nous avons vécu, individuellement et collectivement, au cours de ces derniers mois, nous avons souhaité accorder une place toute particulière à la jeunesse. Nombre d’artistes ont décidé de s’adresser à elle dans leurs spectacles, comme Valérie Mréjen avec Trois hommes vertes qui sera créé en partenariat avec Lillico dans le quartier de Maurepas, tandis que d’autres en ont fait le sujet même de leur écriture ou ont choisi d’inviter enfants et adolescents sur les plateaux : Mohamed El Khatib et Chloé Moglia qui ouvriront notre saison.

À l’occasion du Festival TNB, Patrick Boucheron, Aurélie Charon, Joëlle Gayot et Valérie Mréjen, solliciteront et travailleront avec des enfants, des adolescent∙e∙s et de jeunes adultes qu’elles et il inviteront à se saisir des plateaux et à prendre la parole. La jeunesse, encore, au cœur des comédies musicales avec Mars-2037 de Pierre Guillois et Nicolas Ducloux, GONG! de Catastrophe et Opérette de Madeleine Louarn et Jean-François Auguste à laquelle participeront les jeunes acteur·rice·s de la Promotion 10 de l’École du TNB. Cette saison sera particulière : ce sera la fin de leurs 3 années de formation et le recrutement d’une nouvelle promotion au printemps.

 

Nous avons hâte de vous retrouver. Nous allons ensemble, artistes, public, équipe du TNB, vivre les étapes de cette saison 20/21, imprévisible, et que personne ne peut, à l’heure actuelle, totalement anticiper. La seule certitude que nous ayons est de croire que le théâtre nous permettra de recréer une communauté habitée d’un même désir : se réunir, allier le collectif et l’intime, ressentir, entendre, comprendre, réfléchir, rêver l’avenir, reconstruire. Bienvenue.


— Arthur Nauzyciel