Théâtre et lieu de la transmission, une école au cœur du théâtre

Dès l'origine, le Théâtre National de Bretagne, Centre Européen de Production Théâtrale et Chorégraphique, et l'école de théâtre, future Ecole Supérieure d'Art Dramatique font partie du même projet porté par François Le Pillouër.

« En 1994, alors que je dirigeais Théâtre en Mai, j’étais déjà convaincu que le mal-être du théâtre français était aussi une crise de la transmission : la formation de l’acteur est l’un des passages obligés d’une résolution de la problématique. J’ai souhaité diriger le
Théâtre National de Bretagne également pour l’existence, en son sein, d’une école de comédiens. Le projet de transformer cet établissement en Centre International pour la Mise en Scène a pris tout son sens : transmission, confrontation, contestation, innovation sont à leur place dans ce creuset ».

Depuis 2000, Stanislas Nordey en est le responsable pédagogique.


« Cette école n’est pas une école d’acteurs comme les autres. Elle représente l’un des poumons de ce théâtre dans lequel elle s’invente et se déploie. Les artistes qui enseignent croisent les artistes qui travaillent dans le théâtre ; parfois ils se confondent, mais pas obligatoirement ».


« Elle est un peu comme la chaudière dans un immense espace. Elle est invisible au promeneur habituel, mais elle ne cesse de fonctionner et d’irradier de ses forces en devenir le reste de la maison ».


« L’école est un laboratoire des temps futurs ; s’y préparent les aventuriers des scènes de théâtre de demain. Ils grandissent et prennent des forces à l’abri du monde extérieur. Il faut une maturation lente pour que le jeune aspirant comédien puisse affirmer à un moment donné son appartenance à un art, une tradition plusieurs fois millénaire ».


« Les grandes écoles de théâtre de l’Est de l’Europe doivent leur réputation à la conviction que plus qu’un métier, il s’agit d’un art. Voilà la responsabilité qui est la nôtre : préparer le théâtre de demain, perpétuer une tradition de l’art du comédien sur les scènes du théâtre public. »

Stanislas Nordey
 

Le Théâtre National de Bretagne est chef de file du projet Prospero, un accord pluriannuel de coopération culturelle européenne sur le thème : « Six villes, un projet, le théâtre en commun ».

Souhaitant participer à l’édification d’une Europe artistique et culturelle, six directeurs, européens convaincus, de grandes structures théâtrales de six pays (France, Allemagne, Belgique, Finlande, Italie, Portugal) mettent en place le projet Prospero.
 

Ces théâtres confrontent ainsi leurs intuitions artistiques, unissent leurs forces d’accompagnement, de production, leur héritage commun et leurs particularismes pour réaliser cet acte théâtral audacieux : un accord de coopération culturelle (2008-2012) au service du développement européen de la création, de la mise en place d’une recherche théorique européenne et de la formation européenne des jeunes comédiens.

La transmission des savoirs est en effet une clé pour la résolution de la crise du théâtre dans certains pays. Les différentes pratiques des structures de formation liées à certains des coorganisateurs permettent d’échanger les expériences et d’activer des synergies. Les relations tissées entre les professeurs et les élèves, issus de situations artistiques, politiques et sociales différentes, entraînent de fructueux échanges et une saine émulation. L’objectif est de faire surgir une nouvelle génération de comédiens pour le répertoire de demain. Ainsi dans les trois années à venir sont prévus :
- rencontres des équipes pédagogiques ;
- échanges entre les promotions d’élèves qui partent travailler dans une école étrangère pendant un mois au minimum, en immersion dans un autre pays, une autre culture théâtrale, d’autres modes d’enseignement ;
- présentations conjointes des travaux d’élèves.
 

« Prospero permet de se mettre en réseau avec d’autres cultures de jeu, de découvrir d’autres territoires en Europe, de savoir ce qui se fait ailleurs…»
« C’est un réseau qui renforce la possibilité de travailler avec des grands maîtres européens. Les élèves peuvent avoir un autre regard sur les textes étrangers. Ils sont plongés dans l’apprentissage des langues, de façon à pouvoir lire dans la langue originale ou se confrontent aux problématiques de la traduction ».
Stanislas Nordey